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Eurometropole, COP23 et transition énergétique.

 

Enjeux territoriaux.

 

 

 

En écho à la COP23 qui s’est déroulée à Bonn en novembre 2017, l’EUROMETROPOLE a organisé le 10 novembre 2017 une manifestation consacrée à l‘impact et aux enjeux de la transition énergétique au niveau territorial. Le programme de cette manifestation a permis de valoriser des initiatives locales en termes notamment de lutte contre les gaz à effet de serre.

 

 


Dans ce cadre, Marc BOURDEAUD’HUI a été sollicité pour témoigner de son retour d’expérience sur les outils de co-financement REV3 (Troisième Révolution Industrielle en Hauts de France) à la fois en tant que consultant mais aussi  citoyen engagé dans le développement territorial (membre du comité de développement d’une communauté de 38 communes).

 

 

 

 

Transition énergétique et modèle de société : les facteurs clés de réussite.

Théorisée par le prospectiviste américain Jeremy RIFKIN, la Troisième Révolution Industrielle (1,2,3) est un modèle de développement qui fait l’hypothèse que la transition dans le domaine énergétique (notamment le passage aux ENR) combinée à une mutation dans le domaine de la communication (Internets des idées, des biens, de l’énergie (smartgrids…), mobilité alternatives des personnes…) va donner lieu à un nouveau modèle socio-économique basé sur l’économie collaborative. Ce modèle devrait supplanter le capitalisme à l’horizon 2050. Si les limites de ce modèle prospectif ont été amplement démontrées (4, 5, 6), il n’en demeure pas moins que nombre de décideurs politiques se le sont appropriés et l’ont adapté aux spécificités de leurs territoires respectifs (San Antonio Texas (7), Rotterdam-Lahaye (8), Luxembourg (9) , Région des hauts de France (10), Rome, Monaco…).

 

Dans ce modèle, un point de vigilance doit être accordé aux enjeux de la transition énergétique. Cette transition n’est pas une finalité en soi : ce n’est qu’un moyen qui sous-tend l’apparition d’un nouveau modèle de société qui représente le véritable défi à venir. Aussi, nulle surprise si, au-delà d’une opération de marketing territorial, parmi les facteurs clés d’une transition énergétique réussie à l’échelle d’un territoire (11) vont être identifiés :

-un portage politique exemplaire  au service de la « Res Publica »

-une approche inclusive démontrant une réelle intelligence territoriale capable de mettre en synergie les différentes parties prenantes stratégiques

-l’existence d’un projet porteur de sens et de valeurs qui propose une vision éclairée et intelligente du devenir du territoire.

 

Co-financement REV3 : un dispositif « éclairé et inclusif »


C’est sur cette dynamique de facteurs clés de succès que semble avoir été structuré le dispositif de co-financement REV3. L’approche originale se caractérise notamment par :

-une multiplicité des outils qui ouvre le champ des possibles en matière de montage financier

-une accessibilité qui permet d’élargir le panel des porteurs de projets éligibles depuis la sphère publique, la sphère associative jusqu’à la sphère privée en passant par les TPE, PME/PMI, ETI voire les grands comptes

-une véritable intelligence territoriale en mettant au cœur du dispositif les acteurs institutionnels classiques du financement de projets mais aussi les nouveaux acteurs portés notamment par le déploiement des nouveaux business modèles (économie collaborative, économie sociale et solidaire…).

 

 


Le dispositif s’articule autour des principaux outils suivants :

-un fonds d’investissement doté de 50 M € géré par la société CAP3RI (Nord Capital partenaires) qui a vocation  à financer des entreprises dont les projets sont liés à l’un des huit piliers de la Troisième Révolution industrielle

-l’equity (participation au capital) via une plateforme collaborative Kiokstoinvest qui a vocation à favoriser le financement des startups et PME de croissance par les particuliers, les professionnels

-le livret d’épargne de la Troisième Révolution Industrielle géré par le Crédit Coopératif qui a drainé plus de 15 M € (au moins un livret dans plus de 75 départements) destiné à financer des projets d’entreprise liés à la Troisième révolution industrielle sous forme de prêt à un taux bonifié

-le financement participatif via les plateformes partenaires « Cowfunding, Kisskiss Bankbank, Hello Merci».

A cela s’ajoutent un fonds « start-ups » et « Hauts de France Prévention » qui est une avance remboursable à destination des entreprises passant un cap délicat dans leur activité.

 

Outre les ressources de la CCI de Région Hauts de France et un guide du financement, le déploiement de ce dispositif s’appuie sur une démarche originale : un hubfinancement qui regroupe  sur un mode collaboratif les principaux acteurs intitutionnels du financement de projets.

 

 

 

Co-financement REV3 : les premières leçons.


Au-delà de « l’eldorado technologique » promis par certaines avancées de la transition énergétique, le véritable défi est donc celui du choix d’un modèle de société.

 

La réussite de cette transition énergétique et du choix de société ne se mesurera à l’aune ni du nombre de projets co-financés, ni des montants dépensés.

Il en va d’une responsabilité collective et partagée à la fois des responsables politiques mais aussi des citoyens et des porteurs de projets quant aux choix des aventures qui sont accompagnées.

Si le droit à l’expérimentation est nécessaire et recevable, il est plus discutable lorsque le choix des projets est réalisé en totale in-intelligence et présente un véritable risque pour le développement du territoire.

 

Aux interfaces entre l’économie collaborative, la transition numérique, la transition énergétique, de multiples exemples de projets « déviants » peuvent être identifiés. Nous en avons retenu deux éloquents par leur impact.

 

Le premier exemple est celui d’un EPCI des Hauts de France engagé dans un projet de mutation « territoriale ». Postulant à un appel à manifestation d’intérêt national lancé par l’ETAT, le premier élu nous sollicite pour l’élaboration d’une note de stratégie globale. La revue des différents projets pressentis va très vite révéler des carences en termes de cohérence et de vision stratégique. Parmi les projets a priori séduisants mais qui relèvent plus d’une opération de marketing territorial, l’un d’eux vise à former des codeurs informatiques de base dans le cadre d’une « flamboyante école numérique ». Face aux progrès des systèmes experts, des algorithmes de l’intelligence artificielle « faible » qui prend déjà en charge le développement automatique de codes, et reprenant les conclusions du Dr Laurent Alexandre (12) :

« Ils [développeurs informatiques bac plus 2] arriveront sur le marché du travail précisément au moment où le code informatique bas de gamme sera largement automatisé grâce à l’intelligence artificielle qui sera quasi gratuite. […] Codeur informatique bas de gamme sera un passeport pour Pôle Emploi ».

 

Le second exemple est issu du développement de la blockchain et des monnaies virtuelles, notamment du Bitcoin. Le principe repose sur un protocole sécurisée qui permet la validation des transactions « pairs à pairs » via un réseau distribué (qui s’affranchit de toute structure centrale) réputé inviolable. Ce nec plus ultra du collaboratif est devenu un système hypercompétitif.

Au lieu d’optimiser les ressources pour valider une transaction, le protocole choisi (« proof of work ») met en compétition les acteurs du réseau : le plus « rapide » à intervenir pour valider la transaction gagne des Bitcoins.

Ce processus a deux effets pervers :

-d’une part une ascension vertigineuse du cours du Bitcoin qui est passé de 600 dollars à près de 8 000 dollars en un an. il s’agit donc d’une spéculation pure et simple et d’une spéculation massive. Selon Marc FIORENTINO, « le bitcoin pourrait valoir dans les deux mois 12 000 dollars ou 3 000. Nul ne peut le prédire ».

-d’autre part un véritable gouffre énergétique. Chaque transaction nécessiterait 215 kwh (l’équivalent de la consommation hebdomadaire moyenne d’un foyer américain) et serait 5000 fois plus énergivore qu’une transaction Visa.

 

Au-delà des enjeux techniques, de la réduction des gaz à effets de serre, de la lutte contre la précarité énergétique, la nécessaire transition énergétique ne sera une réussite que si elle est au service d’une « Vision intelligente et éclairée » du développement de nos territoires.

 

Marc BOURDEAUD’HUI

Président de SENSAE Consulting

Remerciements à :

Mme Nathalie RUELLAND, Chargée de projets (Projectmedewerker) EUROMETROPOLE (nathalie.ruelland@eurometropolis.eu)

Olivier BEDDELEEM, Président du Mouvement Européen France Nord, Fondateur de Lillénergie , (olivier.beddeleem@edhec.edu).

 

Pour aller plus loin :

1-La Troisième Révolution Industrielle, REV3, l’économie collaborative : enjeux, nature, questions. Marc Bourdeaud’hui 

2-La Troisième Révolution Industrielle, Jérémy Rifkin (2011, éditions les liens qui libèrent)

3-La nouvelle société du coût marginal zéro, Jérémy Rifkin (2014, éditions les liens qui libèrent)

4-The sharing economy. PWC (2015). Consumer Intelligence Series.

5-la Révolution Transhumaniste, Luc Ferry (2016, éditions Plon).

6-La grande transformation des avocats. Thierry WICKERS (Dalloz, 2014).

7-San Antonio et la Troisième révolution Industrielle .

8- Rotterdam-La Haye et la Troisième révolution Industrielle :  https://mrdh.nl/RNE.

9- Luxembourg et la Troisième révolution Industrielle

10-Région des Hauts de France et la Troisième révolution Industrielle

11-Quels sont les ingrédients d’une transition énergétique réussie à l’échelle des territoires ? France Stratégie. Webconférence – 31/10/2017.

12-La Guerre des intelligences. Laurent ALEXANDRE (J.C. LATTES, 2017).

13-Bitcoin : son cours flambe… et son coût énergétique aussi. Juliette RAYNAL. Usine-difitale, 3/11/17.

14-One Bitcoin Transaction Now Uses as Much Energy as Your House in a Week. Christopher Malmo. Mother Board, 1/11/17.

 

Précarité et performance énergétique : des enjeux sociétaux majeurs.

logo-sensaeMagnanimitas_LogotypeSENSAE Consulting et MAGNANIMITAS Consulting 

participent à la première convention d’affaires internationale consacrée à la Troisième Révolution Industrielle

 

Acteurs de la troisième révolution industrielle en Hauts de France (REV3), notamment sur l’impact des nouveaux business models, SENSAE Consulting et MAGNANIMITAS Consulting ont présenté durant la première convention d’affaires internationale REV3DAYS deux projets originaux originaux portés par l’Association des Communes Minières et consacrés pour l’un à la lutte contre la précarité énergétique, pour l’autre à la performance énergétique des bâtiments dans les territoires en mutation.

Après une brève présentation de chaque cabinet, les enjeux de chaque projet sont abordés avant un bilan des REV3DAYS.

 

SENSAE Consulting, acteur de la Troisième Révolution Industrielle

Sensae_REV3_170306Fort d’une expertise en management des organisations depuis plus de 20 ans, SENSAE Consulting accompagne ses clients partenaires impactés par les nécessaires mutations induites par la Troisième Révolution Industrielle et les Nouveaux Business Models (NBM). Essentiellement axé sur des enjeux de pilotage et de management de projet, SENSAE Consulting intervient entre autres sur les sujets suivants :

  • Enjeux, nature et questions liées à la Troisième Révolution Industrielle : quels impacts pour les organisations ?
  • Perspectives et impacts des nouveaux business models : comment les intégrer dans un plan de développement. De l’économie circulaire, à l’économie de la fonctionnalité, en passant par l’économie d’auto-production (Do it yourself), l’économie collaborative avec ses différents visages, l’économie sociale et solidaire la « on demand » économie.
  • Évaluation de la maturité d’un projet et/ou d’une organisation par rapport au référentiel REV 3 et aux NBM (audit, plan d’actions…) ;
  • Montée en maturité d’un projet et/ou d’une organisation par rapport aux impératifs de REV3 et des NBM (conseil, accompagnement, assistance technique…) ;
  • Stratégie de co-financement de projet REV3…

 

MAGNANIMITAS Consulting, acteur régional engagé de l’Économie Sociale et Solidaire

Magnanimitas_photoFort de 16 années d’expériences au sein de structures bancaires et industrielles complexes en France et à l’international, MAGNANIMITAS accompagne aujourd’hui les entreprises et associations de la région Hauts-de-France confrontées aux enjeux majeurs liés aux transformations des modèles socio-économiques traditionnels et à l’apparition de nouvelles formes d’organisations (économie sociale et solidaire, économie circulaire, troisième révolution industrielle…).  Convaincu de la nécessité de travailler dans le respect des valeurs coopératives fondamentales (la prééminence de la personne humaine, la solidarité, le partage et l’innovation), MAGNANIMITAS a fait le choix d’une approche simple, personnalisée, adaptable et collaborative pour appréhender de façon globale (diagnostic, vision stratégique, pilotage, organisation, management…) les projets de ses clients. MAGNANIMITAS intervient actuellement sur les sujets suivants :

  • Écriture du modèle économique d’une boutique solidaire ;
  • Réponse à un appel à manifestation d’intérêt sur l’innovation sociale ;
  • Réalisation d’un questionnaire d’auto-évaluation sur les conditions de travail dans les usines ;
  • Simplification d’un dispositif de contrôle interne…

 

Lutte contre la précarité énergétique et performance énergétique : profils de coopération REV3DAYS
Dans le cadre des REV3DAYS,  SENSAE Consulting et MAGNANIMITAS Consulting ont présenté deux projets portés par l’Association des Communes Minières.

En leur qualité d’Assistants à Maîtrise d’Ouvrage, l’objectif était d’enrichir les équipes avec des partenaires aux profils différents :

  • des porteurs et apporteurs de solutions innovantes dans le domaine de la performance énergétique des bâtiments (solutions intégrées abordant aussi bien les aspects techniques que socio-comportementaux) ;
  • des co-financeurs ;
  • des propriétaires aussi bien publics que privés de bâtiments industriels, tertiaires et d’habitation ;
  • des acteurs du développement territorial de territoires en mutation socio-économique.

Diaporama : REV3DAYS_diaporama_170309_Sensae_Consulting

 

Projet 1 : Lutte contre la précarité énergétique dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais

ACM_avion Avec 12 millions de français en situation de précarité énergétique et 6 millions de ménages qui consacrent plus de 10% de leurs revenus à leurs dépenses en énergie dans leur logement, la précarité énergétique est devenue un enjeu sociétal majeur1.

En réalisant la cartographie thermique des bâtiments et de l’éclairage public de 293 communes pour près de 1,3 millions d’habitants, l’Association des Communes Minières conduit le projet le plus important jamais réalisé à l’échelle européenne.

L’objectif est de contribuer à la lutte contre la précarité énergétique en sensibilisant la population (propriétaires, locataires…) aux économies d’énergie et à l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments.

Pour en savoir plus sur ce projet sociétal de dimension européenne, cliquez sur le lien suivant : lutte contre la précarité énergétique.

 

Projet 2 : Performance énergétique des bâtiments dans les territoires en mutation à l’échelle de l’Europe

Batiment_performance_energetiqueLes bâtiments consomment aujourd’hui 33% de l’énergie et 53% de l’électricité produite dans le monde. Leur consommation d’électricité augmentera de 80% d’ici 20402 . Or le potentiel économique de l’efficacité énergétique dans les bâtiments demeure inexploité à 82%3.

Poursuite du projet de lutte contre la précarité énergétique (cf. supra) et exploitant le potentiel d’efficacité énergétique des bâtiments, ce projet a pour objectif d’accroître l’adoption des technologies et applications à faibles émissions de carbone par la valorisation de la performance énergétique des bâtiments industriels, tertiaires et d’habitation dans les territoires à passé industriel en reconversion (notamment mines et textile).

En l’état actuel, trois actions prioritaires ont été définies :

  • action 1 : valorisation du potentiel de rénovation énergétique,
  • action 2 : valorisation des nouvelles technologies produites en matière de performance énergétique,
  • action 3 : valorisation de la recherche en matière de performance énergétique des bâtiments.

Emmenée par une équipe française, le consortium mis en place regroupe notamment l’Université de Bournemouth (équipe de recherche ESOTICS) au Royaume-Uni et un partenaire belge, SECA Benelux (Bureau d’études expert sur les questions énergétiques).

Le budget prévisionnel a été évalué à un peu plus de 2 millions d’euros sur trois ans.

 

REV3DAYS : des opportunités uniques de collaboration

photo_REV3DAYS_170210Avec plus de quinze rendez-vous ciblés, les REV3DAYS ont permis de mettre à l’épreuve d’une analyse critique, constructive et bienveillante l’ensemble des projets et de multiplier de façon efficiente les opportunités de partenariats tant techniques que financiers.

 

 

 

 

Article rédigé par Marc BOURDEAUD’HUI (Président fondateur de SENSAE Consulting) et Antoine GUIGNETTTE (Président fondateur de MAGNANIMITAS Consulting). 07/03/2017.

 

Références :

1-  Analyse de la précarité énergétique à la lumière de l’Enquête Nationale Logement (ENL) 2013.  Charles‐André BERNARD, Olivier TEISSIER. Rapport de l’ONPE. 8 novembre 2016).

2- 4 degree Scenario, IEA

3- World Energy Outlook 2012 – internal Analysis. IEA

Remerciements :

Cet article a fait l’objet d’un support pour la mise en forme par Laurent LEGRAIN

 

 

 

Economie collaborative : des enjeux sous-estimés de la Troisième Révolution Industrielle et de REV3 ?

logo-sensaePour la première fois, Luc FERRY propose un débat éclairé et constructif

en Hauts de France sur les risques d’un hyper-capitalisme dérégulé.

 

 

 

Préambule :


Le 21 septembre 2016, sur invitation du club d’affaires de Lille Place Tertiaire, Luc FERRY lançait un débat éclairé sur les enjeux de l’économie collaborative dans le cadre du modèle proposé par Jérémy RIFKIN : la Troisième Révolution Industrielle (TRI) (chapitre 1 ci-dessous).

Après avoir brièvement rappelé les fondamentaux de la TRI et de REV3 (Chapitre  2), est abordée l’analyse originale que fait Luc FERRY des enjeux de l’économie collaborative dans le cadre de ce modèle (chapitre 3).

Dès lors, se pose la question d’une tentative de définition de ce qu’est cette économie collaborative pour essayer une première esquisse de ses différents visages (chapitre 4).Il s’ensuit une foultitude de questions quant aux mécanismes, enjeux sociétaux, fiscaux… , impacts de cette économie sur nos organisations, nos entreprises, nos systèmes de valeurs… 

C’est à la découverte de ces différentes composantes de l’économie collaborative que vous proposera de participer le club d’affaires de Lille Place Tertiaire. Cette découverte prendra la forme d’un cycle d’ateliers – réflexions à venir dans le cadre de la Troisième Révolution Industrielle et de REV3 (chapitre 5).

 

  

1-Economie collaborative, source d’opportunités économiques ?

eco_coll_conference_160921_pdgLe 21 septembre 2016, le club d’affaires de Lille Place Tertiaire a organisé un événement consacré aux opportunités de business offertes par l’économie collaborative et aux enjeux associés (http://www.lilleplacetertiaire.com/club_d_affaires/).

Les débats ont été positionnés dans le cadre du modèle de Jérémy RIFKIN, la Troisième Révolution Industrielle (1,2)  et de sa déclinaison en Hauts de France : REV3 (3).

Si la mutation du mixe énergétique vers un 100 % énergies renouvelables à l’horizon 2050, si la prise en compte de certains nouveaux modèles économiques et leurs impacts  (économie de la fonctionnalité, économie circulaire…) font l’objet de démarches exemplaires dans le cadre de REV3 , il existe tout un champ d’actions et de réflexion prospective lié à l’évolution du modèle économique et sociétal qui ne semble pas être intégré à sa juste mesure, notamment celui lié à l’économie collaborative. Or, cette donnée nous apparaît comme fondamentale ainsi qu’il sera évoqué ci-après.

En réunissant différents acteurs de cette thématique, le club d’affaires de Lille Place Tertiaire a pour la première fois proposé en région des Hauts de France un débat de fond sur les enjeux associés à l’économie collaborative dans le cadre de la TRI/REV3. Les lignes qui suivent résument notre perception et les leçons que nous avons tirées de ce débat (elles ne sont en aucun cas des actes exhaustifs).

 

 2-TRI – REV3 et l’économie collaborative

Dans un article précédent (10), nous avons évoqué les paradigmes spécifiques liés à la TRI et REV3.

rifkin_tri_cout_marginal_161003Sans revenir sur le détail, rappelons que le modèle de Jérémy RIFKIN repose sur l’hypothèse suivante : la conjonction de la problématique énergétique (passage aux ENR) avec l’évolution des moyens de communication (les 4 Internets : communication, logistique, énergie et objets connectés) va donner lieu à un nouveau modèle socio-économique : celui de l’économie collaborative. Toujours d’après J. Rifkin, ce nouveau modèle économique va éclipser à l’horizon 2050 le modèle capitalistique actuellement dominant.

Cette donnée fondamentale doit être bien intégrée pour appréhender les impacts et effets collatéraux de la longue route dans le cadre de la Troisième Révolution Industrielle et de REV3. En effet,  les attendus de cette «Troisième Révolution » ne se résument pas à l’énergie pour un «unique mieux être énergétique », aux Internets (ou au numérique) pour un «unique mieux être des Internets » (ou du numérique). L’attendu essentiel est bien cette mutation de notre modèle socio-économique pour un réel « mieux être sociétal ». En d’autres termes, selon l’auteur que vous choississez, une mutation, une révolution, une transition (fulgurante ? (7)) vers un modèle socio-économico-politique qui témoigne d’un réel progrès « Responsable ». L’économie collaborative telle que promise par Jérémy RIFKIN sera-telle à la hauteur de nos attentes ?

« Les marchés commencent à céder la place aux réseaux, la propriété devient moins importante que l’accès, la quête de l’intérêt personnel est tempérée par l‘attrait des intérêts collaboratifs, et le rêve traditionnel de l’enrichissement personnel est supplanté par le nouveau rêve de la qualité de vie durable »

Extrait de « La nouvelle société du coût marginal zéro. Jérémy RIFKIN. 2016.Babel essai p36.

« Alors, dans ce monde merveilleux plein de gentillesse et d’humanité…. »

Extrait de « la révolution transhumaniste. Luc FERRY. 2016. Plon, p 173.

 

 

rev3_logoInspiré des travaux de J. RIFKIN, mais focalisée sur la problématiques énergétique (6 piliers sur les 8 proposés), l’approche REV3 ne conduit-elle pas à sous-estimer voire à occulter l’impact des nécessaires, et parfois exemplaires,  mutations techniques sur le fonctionnement de nos organisations et nos systèmes de valeurs ?

N’y a-t-il pas un risque de nous laisser à nouveau envoûter par le chant des sirènes d’un nouvel Eldorado « technico-énergético-numérique » qui serait conquis au détriment d’un véritable progrès social et sociétal ?

Quelle nécessaire et indispensable régulation à trouver pour donner ou trouver du sens et faire en sorte que le paradigme proposé se réalise : « la performance environnementale sera demain synonyme de performance économique et sociale dans le monde » (extrait du  Master Plan de la Région des Hauts de France (3)), paradigme distinct de celui de la RSE (10).

 

3-Un autre regard sur la TRI : Economie collaborative «  ubérisation » et dérégulation sauvage.

Luc_Ferry_RTHLoin de le remettre en cause intégralement (d’autres étant plus virulents (4)), Luc FERRY (5) reconnaît l’intérêt du modèle de Jeremy RIFKIN et son pragmatisme concernant l’aspect énergétique.

Cependant, il nous permet de porter un regard éclairé sur les implications  de cette troisième révolution industrielle. Selon Luc FERRY, celle-ci est à l’origine de deux mutations profondes de notre modèle sociétal : le transhumanisme et l’économie collaborative. Parmi les points communs de ces deux mutations, les 4 Internets décrits par RIFKIN jouent certes un rôle important mais Luc FERRY insiste à juste titre sur le rôle prééminent joué par le BIG DATA et certains acteurs majeurs que sont les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon).

Dans son dernier ouvrage (la révolution transhumaniste (5)), il démontre que loin de supplanter le modèle capitalistique comme le prédit Jérémy RIFKIN, tout un pan de l’économie collaborative (et le plus important en termes de chiffres d’affaires) s’appuie au contraire sur une approche capitalistique « débridée à outrance ». Les exemples de cette « dérégulation sauvage », de l’emprise du capitalisme sur cette économie collaborative « ubérisation » sont multiples et ce n’est pas le discours lénifiant de certains représentants d’UBER sur la création d’emplois qui pourrait nous conduire à changer d’avis.

 

uber_vehicules_autonomesLe turn over des chauffeurs UBER aux états Unis est estimé à plus de 50 % (6). Dans son centre de recherche à PITTSBURGH, UBER a investi plusieurs centaines de millions de
dollars pour développer un véhicule autonome; plusieurs sont actuellement en test en situation réelle notamment en PENSYLVANNIE. Uber a rejoint un groupe de lobby, la « self driving coalition » (http://www.selfdrivingcoalition.org/) dans lequel on retrouve  Ford, Google, Volvo, Lyft dont l’objectif est de faire pression sur les politiques afin de faire évoluer la législation en faveur des véhicules autonomes.

Compte-tenu de ces faits, la stratégie d’UBER est-elle d’être une entreprise ancrée dans l’économie collaborative en mettant en relation demandeurs de transports et chauffeurs indépendants auxquels elle fournit ainsi du travail ? Ou la stratégie d’UBER n’est-elle pas de dominer un marché en rendant les demandeurs de transport « fidèles », dépendants voire addicts et prêts à utiliser des véhicules autonomes dès que le législateur les aura autorisés ? Toutes les conditions seront alors réunies pour qu’UBER puisse exercer son activité sans dépendre des chauffeurs, accroissant ainsi la rentabilité de son business. Ce serait une stratégie de développement tout à fait « louable » si elle ne s’accompagnait pas d’une stratégie de communication douteuse quant au rôle « sociétal » d’UBER.

« If the sharing economy has proven anything, it’s that business models cannot be taken for granted in a highly connected, fast-changing world. Today’s disruptors can easily be disrupted tomorrow. The ride-sharing model could be obsolete when self-driving cars materialize—or these companies could adapt by purchasing their own fleet of self-driving cars, removing the cost-center of today’s drivers. »

(11) Extrait de « Sharing Economy ». PWC. 2015

Il appert que si le profit, la rentabilité guident l’acte de collaboration, l’économie collaborative procède d’une économie purement capitalistique, voir « hyper-capitalistiques » qui sera loin d’être éclipsée comme en fait l’hypothèse Jeremy RIFKIN. Cette économie collaborative « Ubérisation » n’est ni morale, ni immorale mais « a-morale » (8). Le pacte sociétal sous-jacent se trouve à la hauteur de l’ambition des acteurs de ce marché : une dérégulation sauvage (sic Luc FERRY) et à outrance qui casse les modèles sociétaux moribonds (pour plus d’information : http://sensae-consulting.com/troisieme-revolution-industrielle-rev3-economie-collaborative/). En surfant sur les vides juridiques de certains secteurs d’activité, les majors de cette Ubérisation (Uber, Airbnb, Blablacar…) n’ont qu’un seul objectif : le profit. La dématérialisation de leur activité « d’entremetteur » leur permet de frauder comptablement et fiscalement en quasi « toute impunité » face aux législateurs locaux dépassés par leur développement…

Cette dérégulation sauvage et voulue, institutionnalisée en véritable « stratégie de développement » (9)  conduit à une véritable mascarade d’économie collaborative dans laquelle sont mis à mal le droit du travail, la protection sociale (ou ce qu’il en reste), les régimes fiscaux censés alimentés cette protection sociale selon un principe de solidarité (ou son illusion).

 

En concurrençant les professionnels du secteur d’activité, ces fossoyeurs sociétaux ont l’intelligence perverse de nous mettre tout à chacun face aux limites, carences, incuries voire obsolescences de nos systèmes…

Mais qu’y a-t-il de communs entre UBER et « la Ruche qui dit oui » ? En d’autres termes, l’économie collaborative n’est-elle pas trop souvent résumée à ce processus « d’Ubérisation » ? L’économie collaborative ne revêt-elle pas d’autres visages plus porteurs de sens et de valeurs que la seule recherche du profit ?


 

 

4-Economie collaborative : d’une tentative de définition à ses différents visages.

Nous l’avions évoqué (10), l’une des difficultés réside dans l’absence de consensus sur une définition claire de ce qu’est cette économie collaborative et d’en préciser le champ. Nous en sommes arrivés à la conclusion :

-que l’économie collaborative  consiste en une mise à disposition d’un bien ou d’un service dans la plupart des cas personnel

-que cette mise à disposition intervient avec ou sans contre-partie financière

-que cette mise à disposition contribue à créer une « richesse » qui peut être matérielle, intellectuelle, sociale, sociétale…

-que l’échange repose sur une collaboration, c’est-à-dire le fait de travailler à une œuvre commune.

 

Fort de cette clarification, nous avons établi les constats suivants (10) :

-premier constat : collaboration, entraide et donc économie collaborative ont toujours existé

-deuxième constat : économie collaborative et plateformes collaboratives ne sont pas « synonymes » (l’économie collaborative ne peut se résumer aux seules activités reposant sur les plateformes collaboratives)

-troisième constat : l’économie collaborative est déployée pour le meilleur et le pire en fonction du « code génétique (Mission, Valeur, Vision), associé plus ou moins consciemment à cet « acte de mise à disposition » (les paradigmes d’économie collaborative déployés sont parfois totalement différents, voire antinomiques…).

-quatrième constat : d’une économie collaborative « Ubérisation » à une économie « au noir », ce sont les enjeux d’un nouveau contrat sociétal qui se présentent à chacun d’entre nous.

 

Comment s’y retrouver dans ce maelström kaléidoscopique que représente l’économie collaborative ? Nous y croisons une multinationale AIRBNB valorisée à 30 milliards de dollars (13) et la cabane à dons sans aucun but lucratif de CEAUCE dans l’Orne (Facebook/l’appel au bois normand) ? Comment se faire une intime conviction du code génétique (Mission, Valeur, Vision) à l’origine du business model proposé par tel ou tel acteur de l’économie collaborative ?

En l’absence d’un tel guide dans la littérature pour l’instant consultée, nous avons réalisé un premier exercice de cartographie des différents visages de l’économie collaborative, premier exercice hautement perfectible et donc discutable :

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Les enjeux sont dorénavant de continuer à mieux appréhender ces différents visages de l’économie collaborative et de contribuer à son essor « responsable » en qualité de citoyen, de collaborateur d’une organisation, de chef d’entreprise…d’acteur politique…

 

 

5-Economie collaborative, TRI et REV3  : un cycle d’ateliers – réflexion.

Dans une étude publiée fin 2015 (11), PWC prévoit une croissance annuelle de 63% d’ici 2025 de l’économie collaborative. Toutefois, aussi intéressante qu’elle soit, cette étude avance que l’économie collaborative reste cantonnée à des secteurs spécifiques (transports, distribution de certains biens de consommation, hébergement et restauration, loisirs, médias et communication) tout en engendrant une destruction des systèmes de protection sociale (santé, famille, retraite…)  sans rien proposer à la place. Cette étude n’aborde pas les différents visages de l’économie collaborative tels que nous les avons évoqués.
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En effet, elle semble faire l’impasse sur des secteurs d’activité significatifs impactés de façon notoire. Par exemple, dans un ouvrage publié en 2014 (12), Thierry WICKERS constate que les métiers du droit ne sont pas épargnés par les mutations engendrées par cette économie collaborative. A titre d’illustration, la Californie a vu passer, dans le domaine du droit de la famille, le pourcentage de justiciables assistés par un avocat de 90 % dans les années 80 à 30 % dans les années 2010. Sur la même période, le nombre d’avocats était multiplié par deux.  En France, le mouvement de la Legal-tech et des avocats en ligne démarrent péniblement alors qu’un rapport de l’IGF de 2014 révélait un problème massif d’accès au droit au sein de la société interpellant quant à la pertinence du business model de la profession (50 % des français ne sont jamais rentrés dans un cabinet d’avocats !  La France serait-elle à ce point un pays rayonnant par sa quiétude et son climat paisible ?).

 

 

Force est de constater que la consultation de la littérature existante sur le sujet de l’économie collaborative, quand elle ne se fourvoie pas dans des approximations frisant l’imposture (sic Luc FERRY), ne nous éclaire pas sur des questions fondamentales :

-qu’est-ce que l’économie collaborative ?

-quel est le poids réel de cette économie collaborative dans le développement des territoires, des régions, d’un pays… ? Est-on sur des dynamiques « loco-locales » ou pilotées à l’international ?

-est-ce réellement un modèle économique nouveau ou n’est-on que face à un modèle qui a toujours existé et qui se développe à la faveur de nouveaux outils puissants de collaboration (les plates-formes…) et en réaction à des business modèles qui ne répondent plus aux attentes ?

-la seule existence d’un outil ou d’une méthode collaborative au sein d’une organisation suffit-elle pour établir le constat d’une économie collaborative ?

-quels sont ses différents visages, les modèles, les systèmes de valeurs sous-jacents aux différentes approches de l’économie collaborative ? (qu’y a-t-il de commun entre Uber et « la ruche qui dit oui » ?)

-comment cette économie collaborative peut-elle coexister, supplanter d’autres modèles économiques ?

-quels sont les outils à l’origine de l’économie collaborative : Big DATA, les plateformes collaboratives, les « monnaies locales », les tiers lieux… ?

-toutes les professions, tous les métiers, tous les secteurs d’activité sont-ils concernés par l’économie collaborative ? Et si oui, sous quelle forme ? Tout est-il « ubérisable » ?

-quels sont les impacts sociétaux, fiscaux… du déploiement de cette économie collaborative ? Doit-on accepter sans faire preuve d’intelligence « historique » que des pans complets d’activités disparaissent de façon violente d’un point de vue sociétal ? Notre modèle sociétal est-il à ce point immature qu’il est incapable de tirer les leçons de son histoire et d’avoir une démarche prospective et préventive digne de ce nom…? A quoi servent nos élites formées dans nos plus belles Grandes Ecoles et Universités si c’est pour subir et faire preuve d’incapacité ? Est-ce à chacun de prendre la responsabilité individuelle ou collective de s’adapter voire de survivre ?

-quels sont les risques, limites… associés à l’économie collaborative (juridique, social, fiscal…) Quels sont les nécessaires mécanismes de régulation à inventer pour certains pans de cette économie collaborative qui se développent sur base d’une dérégulation sauvage d’un point de vue social et fiscal notamment ?

 

 

C’est à la découverte de ces différents visages de l’économie collaborative, des mécanismes et enjeux, de son éventuel impact sur les organisations que vous propose de participer le club d’affaires de Lille Place Tertiaire. Cette découverte prendra la forme d’un cycle d’ateliers – réflexions à venir dans le cadre de la Troisième Révolution Industrielle et de REV3.

« Pour revenir à ce que ces initiatives [dans le domaine de l’économie collaborative] ont de spécifique, y compris dans leur dimension historique de solidarité, c’est au consommateur, à l’internaute de distinguer celles qui incarnent véritablement l’idéal d’un nouveau modèle de société. » 

Extrait du rapport TERRASSE sur l’économie collaborative (14)

 

 

 

 

Article rédigé par Marc BOURDEAUD’HUI

Président fondateur de SENSAE Consulting

 

Références :

1-La Troisième Révolution Industrielle, Jérémy Rifkin (2011, éditions les liens qui libèrent)

2-La nouvelle société du coût marginal zéro, Jérémy Rifkin (2014, éditions les liens qui libèrent)

3-le master plan de la TRI en Région des Hauts de France (http://rev3.fr/?s=master+plan)

4-la Troisième Révolution Industrielle n’aura pas lieu. Libération, 24 octobre 2014.

5-la Révolution Transhumaniste, Luc Ferry (2016, éditions Plon)

6-Comment nombre de chauffeurs Uber décident de leur temps de travail en ne comprenant rien aux moyens d’optimiser leurs revenus. Jean-Charles Simon. ATLANTICO, 9/09/16

7-La transition fulgurante, Pierre Giorgini (2014, éditions Bayard)

8-Le capitalisme est-il moral ? André COMTE SPONSVILLE (2009, Albin Michel)

9-Fiscalité du numérique. France Stratégie (mars 2015)

10-La Troisième Révolution Industrielle, REV3, l’économie collaborative : enjeux, nature, questions. Marc BOURDEAUD’HUI (article publié sur le site « SENSAE Consulting » : http://sensae-consulting.com/troisieme-revolution-industrielle-rev3-economie-collaborative/)

11-The sharing economy. PWC (2015). Consumer Intelligence Series.

12-La grande transformation des avocats. Thierry WICKERS (Dalloz, 2014)

13-Airbnb is now worth $30 billion. Matt ROSOFF (Business Insider UK, 6/08/16) (http://uk.businessinsider.com/airbnb-raises-850-million-at-30-billion-valuation-2016-8?r=US&IR=T)

14- Rapport au Premier Ministre sur l’économie Collaborative, Pascal Terrasse (Févier 2016)

Lutte contre la précarité énergétique dans le bassin minier du Nord Pas-de Calais : un projet RSE ancré dans la Troisième Révolution Industrielle.

logosensae

Efficacité énergétique de l’habitat et de l’éclairage publiclogo_ACM

du bassin minier du Nord  Pas-de Calais;

 

 

(English version available by clicking on the following link: fight against energy poverty in French Hauts de France mining territories.)

Un Projet global

Tout en restant attaché à ses fondamentaux, l’Association des Communes Minières enrichit sa démarche en œuvrant contre le changement climatique. Elle relève ainsi certains défis du 3ème millénaire  qu’elle a ciblés :

  • Concilier indépendance et efficacité énergétiques
  • Maîtriser la consommation d’énergie et lutter contre la précarité énergétique
  • Contribuer à la préservation de l’environnement
  • Assurer un développement économique harmonieux d’un point de vue sociétal et environnemental
  • Accroître la création d’emplois

 

ACM_avionL’ACM a choisi comme moyen d’action la sensibilisation aux économies d’énergie. Elle a donc proposé à ses communes membres de mener un projet ambitieux organisé en quatre phases distinctes  :

Phase 1 : la réalisation d’une cartographie thermique aérienne du bâti et une cartographie aérienne de l’éclairage public .

Phase 2 : une présentation des résultats aux élus des communes

  • Phase 3 : l’organisation de salons de restitution des résultats permettant de sensibiliser les citoyens aux impératifs d’efficacité énergétique dans le domaine de l’habitat
  • Phase 4 : un accompagnement des citoyens reposant sur des actions de conseil (nature des travaux à réaliser, mode de financement…) ainsi qu’une actualisation de l’information liée au projet.

 

 

 Un projet sociétal ambitieux de dimension européenne


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En contribuant à la sensibilisation de la population aux économies d’énergie et à l’amélioration de l’efficacité énergétique l’ACM joue ainsi un rôle majeur de lutte contre la précarité énergétique.

De plus, en réalisant la cartographie thermique des bâtiments et de l’éclairage public de 293 communes pour près de 1,3 millions d’habitants (1 256 960), l’ACM conduit le projet le plus important jamais réalisé à l’échelle européenne.En contribuant à la sensibilisation de la population aux économies d’énergie et à l’amélioration de l’efficacité énergétique l’ACM joue ainsi un rôle majeur de lutte contre la précarité énergétique

 

 

 

Un projet reposant sur une gouvernance éclairée et « inclusive »

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Dès le début du projet la volonté de l’ACM a été de mettre en place une gouvernance la plus large possible intégrant tous les acteurs socio- économiques des territoires.

De même, durant la conduite du projet, l’ACM veille à recourir aux expertises qui permettent de garantir sérieux, crédibilité, fiabilité et pérennités des décisions et actions.

 

 Un projet RSE intégrant une réflexion « TRI – REV3 »

 

ACM_Audrey_DEUDONTout en montant en maturité le management du projet, Marc BOURDEAUD’HUI accompagne l’ACM dans la prise en compte des fondamentaux d’une démarche RSE (Responsabilité sociale / sociétale des entreprises).

Après avoir présenté les enjeux et principes de la TRI/REV3, Marc BOURDEAUD’HUI a suggéré l’intégration du projet dans cette dynamique de développement territorial. Il aide notamment l’ACM dans la prise en compte des ambitions et des leviers d’action basés sur les 8 piliers de la démarche.

En phase avec les nouvelles orientations portant le devenir de l’association, l’approche contribue à encore plus professionnaliser? crédibiliser et exemplariser l’engagement de l’ACM au service du développement durable du bassin minier.

Une vidéo présentant le projet est accessible en cliquant sur le lien suivant : https://youtu.be/odGeMH4Jr5o.

 

 

Article rédigé par Marc BOURDEAUD’HUI

Président fondateur de SENSAE Consulting

 

Pour plus de renseignements, vous pouvez contacter  AUDREY DEUDON (Directrice de l’ ACM)  : audrey.deudon@nordnet.f

Site de l’ACM : http://www.acomfrance.org/

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