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Economie collaborative : des enjeux sous-estimés de la Troisième Révolution Industrielle et de REV3 ?

logo-sensaePour la première fois, Luc FERRY propose un débat éclairé et constructif

en Hauts de France sur les risques d’un hyper-capitalisme dérégulé.

 

 

 

Préambule :


Le 21 septembre 2016, sur invitation du club d’affaires de Lille Place Tertiaire, Luc FERRY lançait un débat éclairé sur les enjeux de l’économie collaborative dans le cadre du modèle proposé par Jérémy RIFKIN : la Troisième Révolution Industrielle (TRI) (chapitre 1 ci-dessous).

Après avoir brièvement rappelé les fondamentaux de la TRI et de REV3 (Chapitre  2), est abordée l’analyse originale que fait Luc FERRY des enjeux de l’économie collaborative dans le cadre de ce modèle (chapitre 3).

Dès lors, se pose la question d’une tentative de définition de ce qu’est cette économie collaborative pour essayer une première esquisse de ses différents visages (chapitre 4).Il s’ensuit une foultitude de questions quant aux mécanismes, enjeux sociétaux, fiscaux… , impacts de cette économie sur nos organisations, nos entreprises, nos systèmes de valeurs… 

C’est à la découverte de ces différentes composantes de l’économie collaborative que vous proposera de participer le club d’affaires de Lille Place Tertiaire. Cette découverte prendra la forme d’un cycle d’ateliers – réflexions à venir dans le cadre de la Troisième Révolution Industrielle et de REV3 (chapitre 5).

 

  

1-Economie collaborative, source d’opportunités économiques ?

eco_coll_conference_160921_pdgLe 21 septembre 2016, le club d’affaires de Lille Place Tertiaire a organisé un événement consacré aux opportunités de business offertes par l’économie collaborative et aux enjeux associés (http://www.lilleplacetertiaire.com/club_d_affaires/).

Les débats ont été positionnés dans le cadre du modèle de Jérémy RIFKIN, la Troisième Révolution Industrielle (1,2)  et de sa déclinaison en Hauts de France : REV3 (3).

Si la mutation du mixe énergétique vers un 100 % énergies renouvelables à l’horizon 2050, si la prise en compte de certains nouveaux modèles économiques et leurs impacts  (économie de la fonctionnalité, économie circulaire…) font l’objet de démarches exemplaires dans le cadre de REV3 , il existe tout un champ d’actions et de réflexion prospective lié à l’évolution du modèle économique et sociétal qui ne semble pas être intégré à sa juste mesure, notamment celui lié à l’économie collaborative. Or, cette donnée nous apparaît comme fondamentale ainsi qu’il sera évoqué ci-après.

En réunissant différents acteurs de cette thématique, le club d’affaires de Lille Place Tertiaire a pour la première fois proposé en région des Hauts de France un débat de fond sur les enjeux associés à l’économie collaborative dans le cadre de la TRI/REV3. Les lignes qui suivent résument notre perception et les leçons que nous avons tirées de ce débat (elles ne sont en aucun cas des actes exhaustifs).

 

 2-TRI – REV3 et l’économie collaborative

Dans un article précédent (10), nous avons évoqué les paradigmes spécifiques liés à la TRI et REV3.

rifkin_tri_cout_marginal_161003Sans revenir sur le détail, rappelons que le modèle de Jérémy RIFKIN repose sur l’hypothèse suivante : la conjonction de la problématique énergétique (passage aux ENR) avec l’évolution des moyens de communication (les 4 Internets : communication, logistique, énergie et objets connectés) va donner lieu à un nouveau modèle socio-économique : celui de l’économie collaborative. Toujours d’après J. Rifkin, ce nouveau modèle économique va éclipser à l’horizon 2050 le modèle capitalistique actuellement dominant.

Cette donnée fondamentale doit être bien intégrée pour appréhender les impacts et effets collatéraux de la longue route dans le cadre de la Troisième Révolution Industrielle et de REV3. En effet,  les attendus de cette «Troisième Révolution » ne se résument pas à l’énergie pour un «unique mieux être énergétique », aux Internets (ou au numérique) pour un «unique mieux être des Internets » (ou du numérique). L’attendu essentiel est bien cette mutation de notre modèle socio-économique pour un réel « mieux être sociétal ». En d’autres termes, selon l’auteur que vous choississez, une mutation, une révolution, une transition (fulgurante ? (7)) vers un modèle socio-économico-politique qui témoigne d’un réel progrès « Responsable ». L’économie collaborative telle que promise par Jérémy RIFKIN sera-telle à la hauteur de nos attentes ?

« Les marchés commencent à céder la place aux réseaux, la propriété devient moins importante que l’accès, la quête de l’intérêt personnel est tempérée par l‘attrait des intérêts collaboratifs, et le rêve traditionnel de l’enrichissement personnel est supplanté par le nouveau rêve de la qualité de vie durable »

Extrait de « La nouvelle société du coût marginal zéro. Jérémy RIFKIN. 2016.Babel essai p36.

« Alors, dans ce monde merveilleux plein de gentillesse et d’humanité…. »

Extrait de « la révolution transhumaniste. Luc FERRY. 2016. Plon, p 173.

 

 

rev3_logoInspiré des travaux de J. RIFKIN, mais focalisée sur la problématiques énergétique (6 piliers sur les 8 proposés), l’approche REV3 ne conduit-elle pas à sous-estimer voire à occulter l’impact des nécessaires, et parfois exemplaires,  mutations techniques sur le fonctionnement de nos organisations et nos systèmes de valeurs ?

N’y a-t-il pas un risque de nous laisser à nouveau envoûter par le chant des sirènes d’un nouvel Eldorado « technico-énergético-numérique » qui serait conquis au détriment d’un véritable progrès social et sociétal ?

Quelle nécessaire et indispensable régulation à trouver pour donner ou trouver du sens et faire en sorte que le paradigme proposé se réalise : « la performance environnementale sera demain synonyme de performance économique et sociale dans le monde » (extrait du  Master Plan de la Région des Hauts de France (3)), paradigme distinct de celui de la RSE (10).

 

3-Un autre regard sur la TRI : Economie collaborative «  ubérisation » et dérégulation sauvage.

Luc_Ferry_RTHLoin de le remettre en cause intégralement (d’autres étant plus virulents (4)), Luc FERRY (5) reconnaît l’intérêt du modèle de Jeremy RIFKIN et son pragmatisme concernant l’aspect énergétique.

Cependant, il nous permet de porter un regard éclairé sur les implications  de cette troisième révolution industrielle. Selon Luc FERRY, celle-ci est à l’origine de deux mutations profondes de notre modèle sociétal : le transhumanisme et l’économie collaborative. Parmi les points communs de ces deux mutations, les 4 Internets décrits par RIFKIN jouent certes un rôle important mais Luc FERRY insiste à juste titre sur le rôle prééminent joué par le BIG DATA et certains acteurs majeurs que sont les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon).

Dans son dernier ouvrage (la révolution transhumaniste (5)), il démontre que loin de supplanter le modèle capitalistique comme le prédit Jérémy RIFKIN, tout un pan de l’économie collaborative (et le plus important en termes de chiffres d’affaires) s’appuie au contraire sur une approche capitalistique « débridée à outrance ». Les exemples de cette « dérégulation sauvage », de l’emprise du capitalisme sur cette économie collaborative « ubérisation » sont multiples et ce n’est pas le discours lénifiant de certains représentants d’UBER sur la création d’emplois qui pourrait nous conduire à changer d’avis.

 

uber_vehicules_autonomesLe turn over des chauffeurs UBER aux états Unis est estimé à plus de 50 % (6). Dans son centre de recherche à PITTSBURGH, UBER a investi plusieurs centaines de millions de
dollars pour développer un véhicule autonome; plusieurs sont actuellement en test en situation réelle notamment en PENSYLVANNIE. Uber a rejoint un groupe de lobby, la « self driving coalition » (http://www.selfdrivingcoalition.org/) dans lequel on retrouve  Ford, Google, Volvo, Lyft dont l’objectif est de faire pression sur les politiques afin de faire évoluer la législation en faveur des véhicules autonomes.

Compte-tenu de ces faits, la stratégie d’UBER est-elle d’être une entreprise ancrée dans l’économie collaborative en mettant en relation demandeurs de transports et chauffeurs indépendants auxquels elle fournit ainsi du travail ? Ou la stratégie d’UBER n’est-elle pas de dominer un marché en rendant les demandeurs de transport « fidèles », dépendants voire addicts et prêts à utiliser des véhicules autonomes dès que le législateur les aura autorisés ? Toutes les conditions seront alors réunies pour qu’UBER puisse exercer son activité sans dépendre des chauffeurs, accroissant ainsi la rentabilité de son business. Ce serait une stratégie de développement tout à fait « louable » si elle ne s’accompagnait pas d’une stratégie de communication douteuse quant au rôle « sociétal » d’UBER.

« If the sharing economy has proven anything, it’s that business models cannot be taken for granted in a highly connected, fast-changing world. Today’s disruptors can easily be disrupted tomorrow. The ride-sharing model could be obsolete when self-driving cars materialize—or these companies could adapt by purchasing their own fleet of self-driving cars, removing the cost-center of today’s drivers. »

(11) Extrait de « Sharing Economy ». PWC. 2015

Il appert que si le profit, la rentabilité guident l’acte de collaboration, l’économie collaborative procède d’une économie purement capitalistique, voir « hyper-capitalistiques » qui sera loin d’être éclipsée comme en fait l’hypothèse Jeremy RIFKIN. Cette économie collaborative « Ubérisation » n’est ni morale, ni immorale mais « a-morale » (8). Le pacte sociétal sous-jacent se trouve à la hauteur de l’ambition des acteurs de ce marché : une dérégulation sauvage (sic Luc FERRY) et à outrance qui casse les modèles sociétaux moribonds (pour plus d’information : http://sensae-consulting.com/troisieme-revolution-industrielle-rev3-economie-collaborative/). En surfant sur les vides juridiques de certains secteurs d’activité, les majors de cette Ubérisation (Uber, Airbnb, Blablacar…) n’ont qu’un seul objectif : le profit. La dématérialisation de leur activité « d’entremetteur » leur permet de frauder comptablement et fiscalement en quasi « toute impunité » face aux législateurs locaux dépassés par leur développement…

Cette dérégulation sauvage et voulue, institutionnalisée en véritable « stratégie de développement » (9)  conduit à une véritable mascarade d’économie collaborative dans laquelle sont mis à mal le droit du travail, la protection sociale (ou ce qu’il en reste), les régimes fiscaux censés alimentés cette protection sociale selon un principe de solidarité (ou son illusion).

 

En concurrençant les professionnels du secteur d’activité, ces fossoyeurs sociétaux ont l’intelligence perverse de nous mettre tout à chacun face aux limites, carences, incuries voire obsolescences de nos systèmes…

Mais qu’y a-t-il de communs entre UBER et « la Ruche qui dit oui » ? En d’autres termes, l’économie collaborative n’est-elle pas trop souvent résumée à ce processus « d’Ubérisation » ? L’économie collaborative ne revêt-elle pas d’autres visages plus porteurs de sens et de valeurs que la seule recherche du profit ?


 

 

4-Economie collaborative : d’une tentative de définition à ses différents visages.

Nous l’avions évoqué (10), l’une des difficultés réside dans l’absence de consensus sur une définition claire de ce qu’est cette économie collaborative et d’en préciser le champ. Nous en sommes arrivés à la conclusion :

-que l’économie collaborative  consiste en une mise à disposition d’un bien ou d’un service dans la plupart des cas personnel

-que cette mise à disposition intervient avec ou sans contre-partie financière

-que cette mise à disposition contribue à créer une « richesse » qui peut être matérielle, intellectuelle, sociale, sociétale…

-que l’échange repose sur une collaboration, c’est-à-dire le fait de travailler à une œuvre commune.

 

Fort de cette clarification, nous avons établi les constats suivants (10) :

-premier constat : collaboration, entraide et donc économie collaborative ont toujours existé

-deuxième constat : économie collaborative et plateformes collaboratives ne sont pas « synonymes » (l’économie collaborative ne peut se résumer aux seules activités reposant sur les plateformes collaboratives)

-troisième constat : l’économie collaborative est déployée pour le meilleur et le pire en fonction du « code génétique (Mission, Valeur, Vision), associé plus ou moins consciemment à cet « acte de mise à disposition » (les paradigmes d’économie collaborative déployés sont parfois totalement différents, voire antinomiques…).

-quatrième constat : d’une économie collaborative « Ubérisation » à une économie « au noir », ce sont les enjeux d’un nouveau contrat sociétal qui se présentent à chacun d’entre nous.

 

Comment s’y retrouver dans ce maelström kaléidoscopique que représente l’économie collaborative ? Nous y croisons une multinationale AIRBNB valorisée à 30 milliards de dollars (13) et la cabane à dons sans aucun but lucratif de CEAUCE dans l’Orne (Facebook/l’appel au bois normand) ? Comment se faire une intime conviction du code génétique (Mission, Valeur, Vision) à l’origine du business model proposé par tel ou tel acteur de l’économie collaborative ?

En l’absence d’un tel guide dans la littérature pour l’instant consultée, nous avons réalisé un premier exercice de cartographie des différents visages de l’économie collaborative, premier exercice hautement perfectible et donc discutable :

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Les enjeux sont dorénavant de continuer à mieux appréhender ces différents visages de l’économie collaborative et de contribuer à son essor « responsable » en qualité de citoyen, de collaborateur d’une organisation, de chef d’entreprise…d’acteur politique…

 

 

5-Economie collaborative, TRI et REV3  : un cycle d’ateliers – réflexion.

Dans une étude publiée fin 2015 (11), PWC prévoit une croissance annuelle de 63% d’ici 2025 de l’économie collaborative. Toutefois, aussi intéressante qu’elle soit, cette étude avance que l’économie collaborative reste cantonnée à des secteurs spécifiques (transports, distribution de certains biens de consommation, hébergement et restauration, loisirs, médias et communication) tout en engendrant une destruction des systèmes de protection sociale (santé, famille, retraite…)  sans rien proposer à la place. Cette étude n’aborde pas les différents visages de l’économie collaborative tels que nous les avons évoqués.
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En effet, elle semble faire l’impasse sur des secteurs d’activité significatifs impactés de façon notoire. Par exemple, dans un ouvrage publié en 2014 (12), Thierry WICKERS constate que les métiers du droit ne sont pas épargnés par les mutations engendrées par cette économie collaborative. A titre d’illustration, la Californie a vu passer, dans le domaine du droit de la famille, le pourcentage de justiciables assistés par un avocat de 90 % dans les années 80 à 30 % dans les années 2010. Sur la même période, le nombre d’avocats était multiplié par deux.  En France, le mouvement de la Legal-tech et des avocats en ligne démarrent péniblement alors qu’un rapport de l’IGF de 2014 révélait un problème massif d’accès au droit au sein de la société interpellant quant à la pertinence du business model de la profession (50 % des français ne sont jamais rentrés dans un cabinet d’avocats !  La France serait-elle à ce point un pays rayonnant par sa quiétude et son climat paisible ?).

 

 

Force est de constater que la consultation de la littérature existante sur le sujet de l’économie collaborative, quand elle ne se fourvoie pas dans des approximations frisant l’imposture (sic Luc FERRY), ne nous éclaire pas sur des questions fondamentales :

-qu’est-ce que l’économie collaborative ?

-quel est le poids réel de cette économie collaborative dans le développement des territoires, des régions, d’un pays… ? Est-on sur des dynamiques « loco-locales » ou pilotées à l’international ?

-est-ce réellement un modèle économique nouveau ou n’est-on que face à un modèle qui a toujours existé et qui se développe à la faveur de nouveaux outils puissants de collaboration (les plates-formes…) et en réaction à des business modèles qui ne répondent plus aux attentes ?

-la seule existence d’un outil ou d’une méthode collaborative au sein d’une organisation suffit-elle pour établir le constat d’une économie collaborative ?

-quels sont ses différents visages, les modèles, les systèmes de valeurs sous-jacents aux différentes approches de l’économie collaborative ? (qu’y a-t-il de commun entre Uber et « la ruche qui dit oui » ?)

-comment cette économie collaborative peut-elle coexister, supplanter d’autres modèles économiques ?

-quels sont les outils à l’origine de l’économie collaborative : Big DATA, les plateformes collaboratives, les « monnaies locales », les tiers lieux… ?

-toutes les professions, tous les métiers, tous les secteurs d’activité sont-ils concernés par l’économie collaborative ? Et si oui, sous quelle forme ? Tout est-il « ubérisable » ?

-quels sont les impacts sociétaux, fiscaux… du déploiement de cette économie collaborative ? Doit-on accepter sans faire preuve d’intelligence « historique » que des pans complets d’activités disparaissent de façon violente d’un point de vue sociétal ? Notre modèle sociétal est-il à ce point immature qu’il est incapable de tirer les leçons de son histoire et d’avoir une démarche prospective et préventive digne de ce nom…? A quoi servent nos élites formées dans nos plus belles Grandes Ecoles et Universités si c’est pour subir et faire preuve d’incapacité ? Est-ce à chacun de prendre la responsabilité individuelle ou collective de s’adapter voire de survivre ?

-quels sont les risques, limites… associés à l’économie collaborative (juridique, social, fiscal…) Quels sont les nécessaires mécanismes de régulation à inventer pour certains pans de cette économie collaborative qui se développent sur base d’une dérégulation sauvage d’un point de vue social et fiscal notamment ?

 

 

C’est à la découverte de ces différents visages de l’économie collaborative, des mécanismes et enjeux, de son éventuel impact sur les organisations que vous propose de participer le club d’affaires de Lille Place Tertiaire. Cette découverte prendra la forme d’un cycle d’ateliers – réflexions à venir dans le cadre de la Troisième Révolution Industrielle et de REV3.

« Pour revenir à ce que ces initiatives [dans le domaine de l’économie collaborative] ont de spécifique, y compris dans leur dimension historique de solidarité, c’est au consommateur, à l’internaute de distinguer celles qui incarnent véritablement l’idéal d’un nouveau modèle de société. » 

Extrait du rapport TERRASSE sur l’économie collaborative (14)

 

 

 

 

Article rédigé par Marc BOURDEAUD’HUI

Président fondateur de SENSAE Consulting

 

Références :

1-La Troisième Révolution Industrielle, Jérémy Rifkin (2011, éditions les liens qui libèrent)

2-La nouvelle société du coût marginal zéro, Jérémy Rifkin (2014, éditions les liens qui libèrent)

3-le master plan de la TRI en Région des Hauts de France (http://rev3.fr/?s=master+plan)

4-la Troisième Révolution Industrielle n’aura pas lieu. Libération, 24 octobre 2014.

5-la Révolution Transhumaniste, Luc Ferry (2016, éditions Plon)

6-Comment nombre de chauffeurs Uber décident de leur temps de travail en ne comprenant rien aux moyens d’optimiser leurs revenus. Jean-Charles Simon. ATLANTICO, 9/09/16

7-La transition fulgurante, Pierre Giorgini (2014, éditions Bayard)

8-Le capitalisme est-il moral ? André COMTE SPONSVILLE (2009, Albin Michel)

9-Fiscalité du numérique. France Stratégie (mars 2015)

10-La Troisième Révolution Industrielle, REV3, l’économie collaborative : enjeux, nature, questions. Marc BOURDEAUD’HUI (article publié sur le site « SENSAE Consulting » : http://sensae-consulting.com/troisieme-revolution-industrielle-rev3-economie-collaborative/)

11-The sharing economy. PWC (2015). Consumer Intelligence Series.

12-La grande transformation des avocats. Thierry WICKERS (Dalloz, 2014)

13-Airbnb is now worth $30 billion. Matt ROSOFF (Business Insider UK, 6/08/16) (http://uk.businessinsider.com/airbnb-raises-850-million-at-30-billion-valuation-2016-8?r=US&IR=T)

14- Rapport au Premier Ministre sur l’économie Collaborative, Pascal Terrasse (Févier 2016)

Troisième révolution industrielle, transhumanisme et économie collaborative selon Luc FERRY .

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Luc FERRY présent à Lille le 21 septembre.

 

Luc_Ferry_RTHDans son ouvrage « la Révolution Transhumaniste. Comment la technomédecine et l’ubérisation du monde vont bouleverser nos vies » (2016, éditions Plon), Luc Ferry nous offre un regard humaniste sur la Troisième Révolution Industrielle. Il nous met en garde contre cette dérive d’une instrumentalisation à outrance de l’Humain : l’Humain est une fin et non un moyen.

Identifiant certaines limites du modèle proposé par J. RIFKIN, concernant notamment l’hypothèse d’une éclipse du capitalisme par l’économie collaborative à l’horizon 2050, il démontre au contraire comment tout un pan de l’économie collaborative, « l’ubérisation », se développe sur base d’une «dérégulation sauvage » (sic) et se nourrit au sein d’un capitalisme primaire et débridé (http://sensae-consulting.com/troisieme-revolution-industrielle-rev3-economie-collaborative/).

Enrichie de la composante transhumaniste qui a déjà commencé à bouleverser nos vies et qui procède des mêmes mécanismes fondamentaux que l’Ubérisation, l’approche de Luc FERRY nous emmène dans les méandres du Big DATA, des Internets (communication, énergie, logistique, objets connectés…) fiefs des GAFA et autres acteurs de l’économie numérique.

Ni rejet, ni condamnation univoque, Luc FERRY nous encourage au contraire à prendre conscience (pour éviter une dérive scientifique, « ruine de notre âme ») de cette Troisième Révolution inéluctable et de ses attraits pour notre Devenir. Face à un phénomène hypertechnique, international et qui sidère par sa rapidité,  le Politique en charge de la « Res Publica » mais aussi la Société Civile comme les acteurs de cette nouvelle économie ont une responsabilité extrême dans la mise au point des nouveaux modes de régulation à inventer afin de faire évoluer notre modèle sociétal.

 

 

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Si le sujet vous intéresse, Luc Ferry sera l’un des invités de l’événement annuel du Club d’affaires de Lille Place Tertiaire, le 21 septembre 18h00 Salle Descamps, CCI Grand Lille -Place du Théâtre à Lille.
Programme et inscription : http://www.lilleplacetertiaire.com/club_d_affaires/

 

Marc BOURDEAUD’HUI

Président de SENSAE Consulting.

Membre du bureau du Club d’affaires de Lille Place Tertiaire.

Les fondamentaux et limites d’une démarche RSE : La RSE au service de la performance durable des organisations.

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Source : animation d’un séminaire pour le club des entreprises centenaires.

 

 

 

 

Développement Durable (DD) et Responsabilité sociale/ sociétale des entreprises (RSE) : les fondamentaux.

 

Message

crédit photo : www.happiness-ducky.fr

 1980, l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la nature) jette les bases du « sustainable development » qui seront reprises par Madame BRUNLANDT dans son rapport de 1987 « Our common future ». Acte fondateur, ce rapport définit le DD comme “Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations à venir, à commencer par ceux des plus démunies,  à répondre aux leurs ».

Traduction managériale et systémique de ce concept, la RSE précise les enjeux et principes sur lesquels est supposée s’engager toute organisation qui veut déployer une telle démarche. La RSE peut être définie comme l’ensemble des dispositions qu’une organisation va prendre pour maîtriser et assurer la responsabilité de l’impact de ses décisions et activités dans le domaine économique, sur le plan social / sociétal et sur l’environnement (les trois piliers classiques du DD, d’après l’ISO 26 000).A ces enjeux, auxquels sont parfois réduites les approches RSE, doit s’adjoindre l’engagement à respecter un certain nombre de principes (vigilance légale, redevabilité, transparence, éthique, inclusivité…). Les dispositions adoptées sont intégrées dans l’ensemble de l’organisation et mises en œuvre dans ses relations avec ses parties prenantes.

Il est trop fréquemment « oublié » qu’une démarche RSE ne se cantonne pas à engager des actions pour maîtriser l’impact des décisions et activités sur les trois piliers du DD. La véritable « plus – value » d’une démarche RSE est cette « responsabilité pleine et entière » que va assumer l’organisation en respectant des principes qui vont guider ses prises de décision et ses activités. En cela, loin d’être innovante, la RSE n’a sans doute que réactualiser, certes de façon fondamentale et en les enrichissant, des démarches déjà initiées de longue date par des modèles de performance durable (Malcolm Baldrige, EFQM…). C’est aussi l’opportunité pour certaines organisations de repenser, promouvoir… leur « code génétique stratégique » : Mission, Valeurs, Vision.

Reconnaissance d’une démarche RSE : les limites du jeu d’acteurs.

 

Dans le foisonnement « enthousiaste » d’initiatives RSE, certaines structures sont matures et ont intégré les enjeux et principes RSE dans leur stratégie de développement. D’autres ont un profil plus « Arlequin » et ont engagé un patchwork d’actions, souvent exemplaires, qui ne demandent qu’à s’intégrer dans une démarche globale cohérente. Restent les « Pinocchio » du DD…

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Avec la multiplication de ces démarches RSE, s’est très vite posée la question de leur reconnaissance et de leur promotion, sujet d’autant plus sensible que la norme ISO 26 000 n’est pas certifiable par tierce partie. Le « business ayant horreur du vide », le jeu d’acteurs s’est mis en place de façon fulgurante… Qui des organismes de reconnaissance, qui des cabinets conseils, qui des associations portées par le privé, le public voire un amalgame des deux, qui des  organismes de notation… se targue de délivrer le blanc-seing qui cautionne l’Organisation exemplaire en termes de démarche RSE.

Par essence, une démarche RSE « responsable » devrait pouvoir faire l’économie de la quête de telles reconnaissances dès lors qu’elle met en œuvre les principes fondamentaux comme la redevabilité, la transparence vis-à-vis de ses parties prenantes, l’ensemble « auréolé » d’une éthique exemplaire. Aussi, est-ce faire preuve de naïveté que d’attendre que les organisations en démarche RSE soient irréprochables ou les enjeux sont-ils tels que d’aucunes foulent sans vergogne, comme les marchands du Temple, les fondamentaux qui ont présidé au déploiement de ces démarches, quitte à mentir éhontément ?

Toute initiative RSE est à encourager dès lors qu’elle contribue à monter en maturité le « code génétique stratégique » d’une organisation (Mission, Valeurs, Vision) et son système de management. Aux différentes parties prenantes d’appréhender avec déontologie le réel niveau de maturité de la démarche engagée et si elle peut être effectivement reconnue comme une démarche RSE.

Le paysage de nos organisations est riche d’entreprises « responsables », pérennes et performantes qui portent en leur sein cette culture de la Responsabilité « Urbi et Orbi » vis-à-vis des parties prenantes actuelles et futures ; pour nous en convaincre, un ouvrage qui fait déjà référence « Le secret des entreprises centenaires ».

Liens utiles :

www.lilleplacetertiaire.com