All posts in “Valeurs”

Neurosciences et management.

Ou les limites des raccourcis entre la recherche fondamentale et l’application.

Préambule : de l’art d’échanger avec mon ami Eric Caspers (Directeur Adjoint Stratégie Financière – Audit  Comptabilité Risques et Trésorerie) à propos de l’article : « Pourquoi les neurosciences vont-elles révolutionner votre façon de manager ? » publié dans la « Harvard Business Review France » le 10/01/17 (http://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2017/01/13789-pourquoi-les-neurosciences-vont-elles-revolutionner-votre-facon-de-manager/)

 

Bonjour Eric, un très grand merci pour cet article que m’avait relayé une connaissance commune.

Cet article semble ne pas être dénué…  de truismes et de sophismes dont l’attrait séducteur réside essentiellement sur des effets de marketing et de modes managériales autour des « Neuro – machins », en dépit de l’argumentation des premiers paragraphes.

Il en est de ces « Neuro-machins » comme tant d’autres phénomènes de modes sur les outils et méthodes managériales et autres pièges à gogo dont s’emparent certains marchands du Temple. Si ces marchands du Temple font, essentiellement par effet « placebo », plus de « bien que de mal », admettons leur non-dangerosité à défaut de leur réelle pertinence conceptuelle.

La difficulté est toujours de passer d’un domaine de recherche fondamentale à son application. Lorsque ce déploiement « applicatif » se fait en toute transparence et honnêteté intellectuelle, des garde-fous ont tendance à se mettre naturellement en place et leur éventuelle fragilité peut être cadrée par un corpus législatif voire normatif ad hoc ( la France le pays aux 400 000 normes qui brideraient toute créativité !!) voire un code de déontologie. Dans le domaine des neurosciences, un exemple remarquable est celui d’iPeps (incubateur et pépinière d’entreprises Paris-Salpêtrière) qui est le bras opérationnel de l’ICM (Institut du cerveau et de la moelle épinière).

Mais quand tout un corps de connaissances fondamentales est accaparé par des marchands du Temple qui, à forces coups de marketing et de communications « in », nous vendent pour certitudes des « incertitudes scientifiques » et en font les socles de leurs prestations « vendues » : vigilance est de mise.

Je n’entrerai pas dans une polémique infertile sur la question des chiffres présentés dans l’article : « seuls 9 % des salariés se disent engagés au travail »… Quasi quotidiennement, des données divergentes sont publiées (75% des actifs français se disent heureux au travail, enquête IFOP d’avril 2016).

 

Mais quel manque d’humilité et d’honnêteté intellectuelle lorsque des titres raccrocheurs et racoleurs vous promettent « d’adapter la réalité du travail au fonctionnement cérébral » (sic). Au fait : quel fonctionnement cérébral ? Réponse dans l’article : « celui qui est à l’origine de nos pensées, émotions et comportements »… Vous avez dit « sophisme » ?

 

D’aucuns me rétorqueront que je suis un être bien « Chagrin » qui ne voit pas dans les promesses des « neuro-machins » le mieux être tant attendu et enfin révélé…. Aurions-nous enfin grâce à ces « grands prêtres des Neuro – machins » franchi le Rubicon vers le plein bonheur au plein travail ?

Aussi, au risque de passer pour un sycophante « bien chagrin », je m’en remets à mes maîtres (paix à leurs âmes pour certains) qui, pendant des années ont guidé avec exigence et humilité mes travaux de recherche… et continuent à me guider.

Entre « discours quai de gare » et  « réflexions auréolées » d’un minimum d’honnêteté et d’humilité sur les neurosciences, il faut rester vigilant…. surtout que depuis 150 ans, des erreurs fondamentales sont véhiculées par une grande partie de la communauté scientifique et médicale, parfois en toute connaissance… si le sujet vous intéresse, un petit bijou à  dévorer « l’erreur de BROCA » du neurochirurgien français Hugues DUFFAU, lauréat de  la médaille Herbert-Olivecrona, équivalent du prix Nobel de neurochirurgie. Il est « dérangeant », fustigeant, passionnant mais détient une grande part de vérité des Neurosciences : celui d’être humble, assidu, tenace, d’une extrême ouverture intellectuelle et humaine, capable d’une remise en cause qui peut bouleverser des chemins de vie complet. « LISEZ LE… », vous n’aurez plus le même regard sur les discours des marchands du Temple des Neuro-machins voire même de certains pseudo-experts en neurosciences.

Pauvre de moi, j’allais oublier… une autre piste de réflexion…  Réduire l’origine de nos pensées, nos émotions et comportements au « fonctionnement cérébral » (sic) est encore bien surprenant (litote). Je passerai  le fait qu’au niveau de la « caput » « tout » ne passe pas par le cerveau (qui dit cérébral dit …cerveau). Bien d’autres structures impactent « nos pensées, nos émotions et comportements » en faisant fi d’une soi-disant hégémonie du cerveau. En d’autres termes, le système nerveux central et l’encéphale ne se résument pas au cerveau (ah ! pour débuter : les joies du Kamina, du Netter, du « Rohen-Yokochi-Lütjen-Drecoll »  (merci à Eline d’avoir enrichi notre bibliothèque…) et soyons fou du « Kandel, Schwartz et Jessell»…). Dès lors, je suis interpellé par le fait que, si « la compréhension des mécanismes cérébraux est une condition préalable indispensable à toute évolution future » (sic à nouveau), elle soit la seule évoquée dans l’article qui se targue d’expliquer pourquoi les neurosciences vont révolutionner notre façon de manager.

Jeux de mots ?  Que nenni, les « enjeux » sont bien trop importants.

 

Mais le plus étonnant est de passer sous silence notre « deuxième  cerveau »… L’être humain est vraiment fabuleux : nous avons un deuxième cerveau, le cerveau entérique qui, avec ses 200 millions de neurones et son microbiote, remet en cause la soi-disante hégémonie du cerveau (vous savez, celui de la « caput ») sur le pilotage «  de nos pensées, nos émotions et comportements ». Mais, sur le sujet, je laisse Michael GERSHON de la Columbia University de New York le soin de vous en dire plus (sincèrement, le personnage ne laisse pas indifférent).

Je regrette de ne pouvoir citer les milliers de professionnels sérieux qui œuvrent pour faire des neurosciences à la fois un secteur de recherche fondamentale, mais aussi de déploiement de nouvelles approches pragmatiques pour notre « mieux être quotidien ».

Bien à toi et au plaisir de se revoir très cher « Neuro – Eric »

P.S.  hommage à l’une de mes « Maîtres », Rita Levy MONTALCINI, prix Nobel de médecine pour ses travaux en neurosciences (sur le NGF) que j’ai eu l’immense honneur de rencontrer : « L’activité que j’ai exercée d’une façon si imparfaite a toujours été pour moi et continue d’être une source inépuisable de bonheur, ce qui me porte à croire que, dans l’accomplissement des tâches que nous nous sommes fixées, ou qui nous ont été assignées, l’imperfection est bien plus conforme à la nature humaine, si imparfaite, que la perfection. »

Business Club France Luxembourg, Troisième Révolution Industrielle et nouveaux business modèles : quelle stratégie adopter ?

 

Site du Business Club France Luxembourg : http://urlz.fr/5Pvi

 

Théorisée par le prospectiviste Jérémy RIFKIN, la Troisième Révolution Industrielle repose sur le paradigme suivant : la mutation dans le domaine énergétique (passage aux Energies renouvelables) combinée à une mutation dans le domaine de l’information et de la communication (Internets de  la communication, de l’énergie, des transports…) va donner lieu à une mutation socio-économique, basée sur l’économie collaborative, qui va supplanter le capitalisme existant. S’appropriant intelligemment ce paradigme, des territoires comme la Région des Hauts de France, Rotterdam – La Haye, le Luxembourg l’ont enrichi d’une réflexion plus large sur l’impact des nouveaux business modèles (NBM).

Ainsi, parce qu’elle est confrontée à une difficulté, parce qu’elle a une idée de création, d’innovation, parce qu’il lui faut réorganiser toute ou partie de son activité, une organisation ne peut s’abstenir d’intégrer dans sa réflexion les enjeux liés aux NBM qui envahissent sa sphère d’influence.

Économie de la connaissance, Économie Sociale et Solidaire, Économie collaborative, On-demand économie, Écolonomie…  au-delà d’une approche en silo, l’enjeu fondamental est celui d’une hybridation de ces modèles : une association intelligente de plusieurs modèles pour répondre aux besoins de l’organisation : « je fais évoluer mon activité en développant une dynamique collaborative dans le cadre d’objectifs sociaux et solidaires »…

 

De plus, avant de se jeter à corps perdu dans une course effrénée aux NBM miracles, la gouvernance de l’organisation doit d’abord :

  • clarifier et/ou se réapproprier son code génétique en termes de Mission, de Valeurs, de Vision et donc ses fondamentaux métiers ;
  • évaluer, à l’aune de ces fondamentaux,  son contexte, ses parties prenantes, sa sphère d’influence et ses objectifs en termes de création de valeurs, d’enjeux et d’impacts;
  • repenser toute ou partie des éléments ci-dessus et appréhender les différents business modèles qui pourraient contribuer à son devenir ;
  • choisir et comprendre à l’échelle de l’ensemble de l’organisation, les réels enjeux et impacts du (ou des) business modèle(s) choisi(s) et manager les risques associés ;
  • établir dès lors le plan stratégique de déploiement.

 

Au-delà de la technique a priori séduisante et rassurante de la majorité des business modèles,   l’enjeu est d’identifier les facteurs clés de succès et de s’appuyer sur ceux-ci pour garantir la réussite de la mutation de l’organisation et son aptitude à anticiper. Plus d’information en cliquant sur le lien suivant : Nouvelle économie. Forts de leurs expertises et de leur complémentarité, c’est à relever ce challenge que se proposent de vous accompagner Evelyne Bertin (membre du business Club France Luxembourg, prospectiviste spécialisée RH, despontsetdesliens), Marc BOURDEAUD’HUI (intervenant  TRI et NBM),  et Antoine GUIGNETTE (intervenant NBM et management de projet, MAGNANIMITAS) .

 

 

       Evelyne BERTIN                                   Marc BOURDEAUD’HUI                         Antoine GUIGNETTE

Fondatrice Despontsetdesliens             Président de SENSAE Consulting          Président de MAGNANIMITAS

 

Nouvelle économie, nouveaux modèles économiques.

Quelle stratégie pour les organisations ?

 

 

Que l’on soit en création, en restructuration, en développement d’activité, que l’on soit une association, une start-up, une TPE ou une multinationale, acteur de la sphère publique ou privée, dans le domaine industriel ou des services, la question suivante viendra à s’imposer si elle ne l’a pas déjà fait : « comment tirer parti des nouveaux modèles économiques qui envahissent notre sphère d’influence ? ».

Sans recette miracle, la réflexion qui suit propose de clarifier les principaux enjeux pour les organisations, d’aborder les questions fondamentales qui doivent guider l’adoption de tel ou tel modèle, en enfin le « Comment faire ?».

 

1-Enjeux pour les organisations

Les enjeux ne sont absolument pas liés à cette Lapalissade de notre « Monde en récente mutation » : notre Monde l’a toujours été, l’est et le restera fort heureusement. Les enjeux sont essentiellement liés à quatre caractéristiques fondamentales de cette mutation :

-en premier lieu, la vitesse(1) et souvent la violence avec laquelle elle s’opère : disruptions et business modèles morts-nés avant même d’avoir fait leur preuve bouleversent le référentiel de bien des marchands du Temple qui se considéraient comme intouchables.

« If the sharing economy has proven anything, it’s that business models cannot be taken for granted in a highly connected, fast-changing world. Today’s disruptors can easily be disrupted tomorrow. The ride-sharing model could be obsolete when self-driving cars materialize—or these companies could adapt by purchasing their own fleet of self-driving cars, removing the cost-center of today’s drivers. »

(2) Extrait de « Sharing Economy ». PWC. 2015

De plus, au syndrome d’épuisement des ressources environnementales auquel se sont attaquées des démarches ambitieuses (Troisième Révolution Industrielle, REV3(3), Ecolonomie(4)…) s’ajoute bien souvent un risque d’épuisement des ressources humaines qui peut conduire à des souffrances au travail (syndrome d’épuisement professionnel ou burn out, bore out… (5, 6)) voire à une exclusion (7,8, 9).

-en second lieu, si tous s’accordent pour considérer que le « numérique » est à l’origine de certains nouveaux modèles économiques, les enjeux ne sont plus ceux ni du Big Data, ni de la sciences des données (extraction de connaissances à partir du Big Data), mais bien celui de la création de connaissance grâce notamment aux algorithmes de l’Intelligence artificielle forte (10, 11)

-en troisième lieu, la dimension protéiforme de cette mutation la rend d’autant plus délicate à intégrer pour les organisations : transition écologique, transition numérique, transition sociale/sociétale, transition économique….Il est possible d’enrichir à foison la liste des qualificatifs et sous-estimer toute ou partie d’une dimension explique la fugacité de certains business modèles qui portent dans leurs gènes leur disparition « fulgurante » (12).

-enfin la création de valeurs induite par le nouveau business model adopté, création en phase ou non avec les fondamentaux de l’organisation, va être déterminante pour le positionnement de celle-ci vis-à-vis de ses parties prenantes voire pour son devenir (13, 14).

 

2-De quel business modèle s’inspirer ?

Evacuant la question de l’impérieuse nécessité d’agir « à temps » ou le scénario « panurgien » de suivre un effet de mode, la gouvernance de l’entreprise doit se poser certaines questions fondamentales  plus ou moins prégnantes en fonction de son activité :

 

-transition numérique : où en sommes-nous de notre transition numérique ? Est-elle adaptée compte-tenu de nos ambitions ? Dès lors, les points de vigilance vont s’accumuler : ne pas confondre moyens et finalité, éviter les pièges méthodologiques (80% des projets Big DATA échouent et/ou sont biaisés (15, 16, 17)), succomber aux sirènes de l’Eldorado numérique (ex : dans le domaine de la gestion de fortune, nombre de robots advisors sont construits sur le modèle de Markowitz (théorie moderne du portefeuille, développée dans les années 50 ) qui a montré ses limites notamment los de la crise financière de 2008-2009 (18) )…

 

-Création de valeurs – système de valeurs : nos objectifs en termes de création de valeurs ne vont- ils pas être bouleversés voire remis en cause par l’adoption d’un nouveau business modèle ? Sommes-nous prêts à cette éventuelle mutation en termes de pilotage de nos activités ?  Si certes l’évaluation de la performance d’une organisation sur la base de seuls critères économiques est admise comme insuffisante (19), la réalité de la gestion d’entreprise peut placer la gouvernance dans une toute autres sphère de contraintes lorsqu’elle dialogue avec certaines de ses parties prenantes (actionnaires, investisseurs, banquiers..).  Comment intégrer de nouvelles priorités en termes de création de valeurs autres que matérielles par exemple dans le domaine intellectuel, social, sociétal, environnemental… ? L’évolution du référentiel de performance de l’entreprise est-il en phase avec son code génétique (Mission, Valeurs, Vision..) ?

 

-Business modèle : de quel business modèle dois-je m’inspirer pour créer, réorganiser, développer mon activité ?

Économie circulaire, économie de la fonctionnalité, Économie d’auto-production (Do it yourself), économie collaborative avec ses différents visages (ubérisation (plates-formes dérégulées d’un point de vue social/sociétal), plates-formes régulées, mouvance du libre, économie du don, du partage, tiers lieux, monnaies locales…), Economie Sociale et Solidaire avec ses différents visages (social business, entrepreneuriat social…),  » on demand » économie, économie de la connaissance, écolonomie(4)…..

Outre que le dirigeant puisse en perdre son latin, se surajoute de la part de certains « experts » une approche en silo pour défendre « son modèle » comme étant le Modèle de référence, voire des discours et écrits truffés d’a priori sur la réalité de cette nouvelle économie.

La question fondamentale n’est-elle pas celle d’une hybridation des modèles ou, formulé autrement, d’une association intelligente de plusieurs modèles pour répondre aux besoins de l’organisation ? Je fais évoluer mon business en développant une dynamique collaborative dans le cadre d’objectifs sociaux et solidaires…

 

3-Que faire et comment faire ?

Parce qu’elle est confrontée à une difficulté, parce qu’elle a une idée de création, parce qu’il lui faut réorganiser toute ou partie de son activité, avant de se jeter à corps perdu dans une course effrénée  au Nouveau Business Modèle miracle, la gouvernance de l’organisation ne doit- elle pas d’abord :

-clarifier et/ou se réapproprier son code génétique en termes de Mission, de Valeurs, de Vision et donc ses fondamentaux métiers ?

-à l’aune de ces fondamentaux, évaluer son contexte, ses parties prenantes, sa sphère d’influence et ses objectifs en termes de création de valeurs, d’enjeux et d’impacts ?

-repenser toute ou partie des éléments ci-dessus et appréhender les différents business modèles qui pourraient contribuer à son devenir ?

-choisir et comprendre à l’échelle de l’ensemble de l’organisation, les réels enjeux et impacts du (ou des) business modèle(s) choisi(s) et manager les risques associés ?

-établir dès lors le plan stratégique de déploiement ?

 

Au-delà de la technique a priori séduisante et rassurante de la majorité des business modèles, l’enjeu est d’identifier les facteurs clés de succès et de s’appuyer sur ces facteurs clés de succès pour garantir la réussite de la mutation de l’organisation et son aptitude à anticiper.

 

Mais libre comme certains chantres de cette nouvelle économie de s’engager dans une politique agressive de tabula rasa, de disruption, de terre brûlée (2) …. Nous sommes dès lors loin d’un engagement socialement et sociétalement responsable (RSE(20)) qui devrait être le vade-mecum de toute gouvernance digne de ce nom.

 

 

Marc BOURDEAUD’HUI

Président de SENSAE Consulting

 

Remerciements pour les échanges et leur relecture avisée à :

Antoine GUIGNETTE, cabinet MAGNANIITAS (http://magnanimitas.fr/)

Evelyne BERTIN, cabinet Desponstetdesliens (http://despontsetdesliens.fr/)

 

 

Pour aller plus loin :

1-La transition fulgurante. Pierre Giorgini (2014, éditions Bayard)

2-La Troisième Révolution Industrielle, REV3, l’économie collaborative : enjeux, nature, questions. Marc Bourdeaud’hui (article publié sur le site « SENSAE Consulting »).

3-The sharing economy. PWC (2015). Consumer Intelligence Series.

4-Ecolonomie- Entreprendre sans détruire, Emmanuel DRUON (2016, Actes Sud – Domaines du possible)

5-Syndrome d’épuisement professionnel. Gérard SEBAOUN. Rapport d’information N° 4487, commission des affaires sociales. Assemblée nationale. 15 février 2017

6-Bienvenue dans le nouveau monde : comment j’ai survécu à la coolitude des startups, Mathilde Ramadier (2017, Premier Parallèle)

7-la Révolution Transhumaniste, Luc Ferry (2016, éditions Plon)

8-The future of employment : how susceptible are jobs to computerisation ? Carl Benedikt Frey, Michael A. Osborne (2013, Université d’Oxford)

9-Robots and industrialization in developing countries, United Nations Conference on Trade And Development, N° 50, Octobre 2016.

10-Research priorities for robust and beneficial artificial intelligence. An open Letter. Future of life Institute (https://futureoflife.org/ai-open-letter/)

11-Research priorities for robust and beneficial artificial intelligence. Stuart Russell, Daniel Dewey, Max Tegmark (2015, AI Magazine, Association for the Advancement of Artificial Intelligence).

12-Quelles transformations et transitions pour l’économie francilienne à horizon 2025 ? Samuel Sauvage

Carine Dartiguepeyrou. 2016 (rapport pour le Conseil Régional d’Ile de France).

13- Le concept de Business Model au travers de la littérature. Jacques Arlotto et al., Gestion 2000. 2011/4 (Volume 28), p. 33-47.

14-How do we align Artificial Intelligence with Human values ? Ariel CONN (2017, Future of life Institute, https://futureoflife.org/2017/02/03/align-artificial-intelligence-with-human-values/).

15-Les trois défis du Big Data : Eléments de réflexion. Khalid BENABDESLEM, Christophe BIERNACKI, Mustapha LEBBAH (Statistique et société, Vol. 3, N° 1 juin 2015).

16-Big Data: Expectations and disappointments. C. Biernacki (présentation faite lors du Golden Eyes, 24 février 2016.)

17-Le Big Echec du Big Data. JAMES PETTER. (2017, Livre blanc « PURE STORAGE »).

18-Les robots (advisors) vont-ils conquérir le monde la gestion de fortune ? Kévin GIRON (conférence EDHEC Research Day 2017)

19-Rapport de la commission sur la mesure des performances économiques et du progrès social. J.E. STIGLITZ, A. SEN, J.P. FITOUSSI (2009, rapport remis au Président de la République française).

20-Les fondamentaux et limites d’une démarche RSE : la RSE au service de la performance durable des organisations. Marc BOURDEAUD’HUI.

Economie collaborative : des enjeux sous-estimés de la Troisième Révolution Industrielle et de REV3 ?

logo-sensaePour la première fois, Luc FERRY propose un débat éclairé et constructif

en Hauts de France sur les risques d’un hyper-capitalisme dérégulé.

 

 

 

Préambule :


Le 21 septembre 2016, sur invitation du club d’affaires de Lille Place Tertiaire, Luc FERRY lançait un débat éclairé sur les enjeux de l’économie collaborative dans le cadre du modèle proposé par Jérémy RIFKIN : la Troisième Révolution Industrielle (TRI) (chapitre 1 ci-dessous).

Après avoir brièvement rappelé les fondamentaux de la TRI et de REV3 (Chapitre  2), est abordée l’analyse originale que fait Luc FERRY des enjeux de l’économie collaborative dans le cadre de ce modèle (chapitre 3).

Dès lors, se pose la question d’une tentative de définition de ce qu’est cette économie collaborative pour essayer une première esquisse de ses différents visages (chapitre 4).Il s’ensuit une foultitude de questions quant aux mécanismes, enjeux sociétaux, fiscaux… , impacts de cette économie sur nos organisations, nos entreprises, nos systèmes de valeurs… 

C’est à la découverte de ces différentes composantes de l’économie collaborative que vous proposera de participer le club d’affaires de Lille Place Tertiaire. Cette découverte prendra la forme d’un cycle d’ateliers – réflexions à venir dans le cadre de la Troisième Révolution Industrielle et de REV3 (chapitre 5).

 

  

1-Economie collaborative, source d’opportunités économiques ?

eco_coll_conference_160921_pdgLe 21 septembre 2016, le club d’affaires de Lille Place Tertiaire a organisé un événement consacré aux opportunités de business offertes par l’économie collaborative et aux enjeux associés (http://www.lilleplacetertiaire.com/club_d_affaires/).

Les débats ont été positionnés dans le cadre du modèle de Jérémy RIFKIN, la Troisième Révolution Industrielle (1,2)  et de sa déclinaison en Hauts de France : REV3 (3).

Si la mutation du mixe énergétique vers un 100 % énergies renouvelables à l’horizon 2050, si la prise en compte de certains nouveaux modèles économiques et leurs impacts  (économie de la fonctionnalité, économie circulaire…) font l’objet de démarches exemplaires dans le cadre de REV3 , il existe tout un champ d’actions et de réflexion prospective lié à l’évolution du modèle économique et sociétal qui ne semble pas être intégré à sa juste mesure, notamment celui lié à l’économie collaborative. Or, cette donnée nous apparaît comme fondamentale ainsi qu’il sera évoqué ci-après.

En réunissant différents acteurs de cette thématique, le club d’affaires de Lille Place Tertiaire a pour la première fois proposé en région des Hauts de France un débat de fond sur les enjeux associés à l’économie collaborative dans le cadre de la TRI/REV3. Les lignes qui suivent résument notre perception et les leçons que nous avons tirées de ce débat (elles ne sont en aucun cas des actes exhaustifs).

 

 2-TRI – REV3 et l’économie collaborative

Dans un article précédent (10), nous avons évoqué les paradigmes spécifiques liés à la TRI et REV3.

rifkin_tri_cout_marginal_161003Sans revenir sur le détail, rappelons que le modèle de Jérémy RIFKIN repose sur l’hypothèse suivante : la conjonction de la problématique énergétique (passage aux ENR) avec l’évolution des moyens de communication (les 4 Internets : communication, logistique, énergie et objets connectés) va donner lieu à un nouveau modèle socio-économique : celui de l’économie collaborative. Toujours d’après J. Rifkin, ce nouveau modèle économique va éclipser à l’horizon 2050 le modèle capitalistique actuellement dominant.

Cette donnée fondamentale doit être bien intégrée pour appréhender les impacts et effets collatéraux de la longue route dans le cadre de la Troisième Révolution Industrielle et de REV3. En effet,  les attendus de cette «Troisième Révolution » ne se résument pas à l’énergie pour un «unique mieux être énergétique », aux Internets (ou au numérique) pour un «unique mieux être des Internets » (ou du numérique). L’attendu essentiel est bien cette mutation de notre modèle socio-économique pour un réel « mieux être sociétal ». En d’autres termes, selon l’auteur que vous choississez, une mutation, une révolution, une transition (fulgurante ? (7)) vers un modèle socio-économico-politique qui témoigne d’un réel progrès « Responsable ». L’économie collaborative telle que promise par Jérémy RIFKIN sera-telle à la hauteur de nos attentes ?

« Les marchés commencent à céder la place aux réseaux, la propriété devient moins importante que l’accès, la quête de l’intérêt personnel est tempérée par l‘attrait des intérêts collaboratifs, et le rêve traditionnel de l’enrichissement personnel est supplanté par le nouveau rêve de la qualité de vie durable »

Extrait de « La nouvelle société du coût marginal zéro. Jérémy RIFKIN. 2016.Babel essai p36.

« Alors, dans ce monde merveilleux plein de gentillesse et d’humanité…. »

Extrait de « la révolution transhumaniste. Luc FERRY. 2016. Plon, p 173.

 

 

rev3_logoInspiré des travaux de J. RIFKIN, mais focalisée sur la problématiques énergétique (6 piliers sur les 8 proposés), l’approche REV3 ne conduit-elle pas à sous-estimer voire à occulter l’impact des nécessaires, et parfois exemplaires,  mutations techniques sur le fonctionnement de nos organisations et nos systèmes de valeurs ?

N’y a-t-il pas un risque de nous laisser à nouveau envoûter par le chant des sirènes d’un nouvel Eldorado « technico-énergético-numérique » qui serait conquis au détriment d’un véritable progrès social et sociétal ?

Quelle nécessaire et indispensable régulation à trouver pour donner ou trouver du sens et faire en sorte que le paradigme proposé se réalise : « la performance environnementale sera demain synonyme de performance économique et sociale dans le monde » (extrait du  Master Plan de la Région des Hauts de France (3)), paradigme distinct de celui de la RSE (10).

 

3-Un autre regard sur la TRI : Economie collaborative «  ubérisation » et dérégulation sauvage.

Luc_Ferry_RTHLoin de le remettre en cause intégralement (d’autres étant plus virulents (4)), Luc FERRY (5) reconnaît l’intérêt du modèle de Jeremy RIFKIN et son pragmatisme concernant l’aspect énergétique.

Cependant, il nous permet de porter un regard éclairé sur les implications  de cette troisième révolution industrielle. Selon Luc FERRY, celle-ci est à l’origine de deux mutations profondes de notre modèle sociétal : le transhumanisme et l’économie collaborative. Parmi les points communs de ces deux mutations, les 4 Internets décrits par RIFKIN jouent certes un rôle important mais Luc FERRY insiste à juste titre sur le rôle prééminent joué par le BIG DATA et certains acteurs majeurs que sont les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon).

Dans son dernier ouvrage (la révolution transhumaniste (5)), il démontre que loin de supplanter le modèle capitalistique comme le prédit Jérémy RIFKIN, tout un pan de l’économie collaborative (et le plus important en termes de chiffres d’affaires) s’appuie au contraire sur une approche capitalistique « débridée à outrance ». Les exemples de cette « dérégulation sauvage », de l’emprise du capitalisme sur cette économie collaborative « ubérisation » sont multiples et ce n’est pas le discours lénifiant de certains représentants d’UBER sur la création d’emplois qui pourrait nous conduire à changer d’avis.

 

uber_vehicules_autonomesLe turn over des chauffeurs UBER aux états Unis est estimé à plus de 50 % (6). Dans son centre de recherche à PITTSBURGH, UBER a investi plusieurs centaines de millions de
dollars pour développer un véhicule autonome; plusieurs sont actuellement en test en situation réelle notamment en PENSYLVANNIE. Uber a rejoint un groupe de lobby, la « self driving coalition » (http://www.selfdrivingcoalition.org/) dans lequel on retrouve  Ford, Google, Volvo, Lyft dont l’objectif est de faire pression sur les politiques afin de faire évoluer la législation en faveur des véhicules autonomes.

Compte-tenu de ces faits, la stratégie d’UBER est-elle d’être une entreprise ancrée dans l’économie collaborative en mettant en relation demandeurs de transports et chauffeurs indépendants auxquels elle fournit ainsi du travail ? Ou la stratégie d’UBER n’est-elle pas de dominer un marché en rendant les demandeurs de transport « fidèles », dépendants voire addicts et prêts à utiliser des véhicules autonomes dès que le législateur les aura autorisés ? Toutes les conditions seront alors réunies pour qu’UBER puisse exercer son activité sans dépendre des chauffeurs, accroissant ainsi la rentabilité de son business. Ce serait une stratégie de développement tout à fait « louable » si elle ne s’accompagnait pas d’une stratégie de communication douteuse quant au rôle « sociétal » d’UBER.

« If the sharing economy has proven anything, it’s that business models cannot be taken for granted in a highly connected, fast-changing world. Today’s disruptors can easily be disrupted tomorrow. The ride-sharing model could be obsolete when self-driving cars materialize—or these companies could adapt by purchasing their own fleet of self-driving cars, removing the cost-center of today’s drivers. »

(11) Extrait de « Sharing Economy ». PWC. 2015

Il appert que si le profit, la rentabilité guident l’acte de collaboration, l’économie collaborative procède d’une économie purement capitalistique, voir « hyper-capitalistiques » qui sera loin d’être éclipsée comme en fait l’hypothèse Jeremy RIFKIN. Cette économie collaborative « Ubérisation » n’est ni morale, ni immorale mais « a-morale » (8). Le pacte sociétal sous-jacent se trouve à la hauteur de l’ambition des acteurs de ce marché : une dérégulation sauvage (sic Luc FERRY) et à outrance qui casse les modèles sociétaux moribonds (pour plus d’information : http://sensae-consulting.com/troisieme-revolution-industrielle-rev3-economie-collaborative/). En surfant sur les vides juridiques de certains secteurs d’activité, les majors de cette Ubérisation (Uber, Airbnb, Blablacar…) n’ont qu’un seul objectif : le profit. La dématérialisation de leur activité « d’entremetteur » leur permet de frauder comptablement et fiscalement en quasi « toute impunité » face aux législateurs locaux dépassés par leur développement…

Cette dérégulation sauvage et voulue, institutionnalisée en véritable « stratégie de développement » (9)  conduit à une véritable mascarade d’économie collaborative dans laquelle sont mis à mal le droit du travail, la protection sociale (ou ce qu’il en reste), les régimes fiscaux censés alimentés cette protection sociale selon un principe de solidarité (ou son illusion).

 

En concurrençant les professionnels du secteur d’activité, ces fossoyeurs sociétaux ont l’intelligence perverse de nous mettre tout à chacun face aux limites, carences, incuries voire obsolescences de nos systèmes…

Mais qu’y a-t-il de communs entre UBER et « la Ruche qui dit oui » ? En d’autres termes, l’économie collaborative n’est-elle pas trop souvent résumée à ce processus « d’Ubérisation » ? L’économie collaborative ne revêt-elle pas d’autres visages plus porteurs de sens et de valeurs que la seule recherche du profit ?


 

 

4-Economie collaborative : d’une tentative de définition à ses différents visages.

Nous l’avions évoqué (10), l’une des difficultés réside dans l’absence de consensus sur une définition claire de ce qu’est cette économie collaborative et d’en préciser le champ. Nous en sommes arrivés à la conclusion :

-que l’économie collaborative  consiste en une mise à disposition d’un bien ou d’un service dans la plupart des cas personnel

-que cette mise à disposition intervient avec ou sans contre-partie financière

-que cette mise à disposition contribue à créer une « richesse » qui peut être matérielle, intellectuelle, sociale, sociétale…

-que l’échange repose sur une collaboration, c’est-à-dire le fait de travailler à une œuvre commune.

 

Fort de cette clarification, nous avons établi les constats suivants (10) :

-premier constat : collaboration, entraide et donc économie collaborative ont toujours existé

-deuxième constat : économie collaborative et plateformes collaboratives ne sont pas « synonymes » (l’économie collaborative ne peut se résumer aux seules activités reposant sur les plateformes collaboratives)

-troisième constat : l’économie collaborative est déployée pour le meilleur et le pire en fonction du « code génétique (Mission, Valeur, Vision), associé plus ou moins consciemment à cet « acte de mise à disposition » (les paradigmes d’économie collaborative déployés sont parfois totalement différents, voire antinomiques…).

-quatrième constat : d’une économie collaborative « Ubérisation » à une économie « au noir », ce sont les enjeux d’un nouveau contrat sociétal qui se présentent à chacun d’entre nous.

 

Comment s’y retrouver dans ce maelström kaléidoscopique que représente l’économie collaborative ? Nous y croisons une multinationale AIRBNB valorisée à 30 milliards de dollars (13) et la cabane à dons sans aucun but lucratif de CEAUCE dans l’Orne (Facebook/l’appel au bois normand) ? Comment se faire une intime conviction du code génétique (Mission, Valeur, Vision) à l’origine du business model proposé par tel ou tel acteur de l’économie collaborative ?

En l’absence d’un tel guide dans la littérature pour l’instant consultée, nous avons réalisé un premier exercice de cartographie des différents visages de l’économie collaborative, premier exercice hautement perfectible et donc discutable :

eco_coll_visages_160410

 

Les enjeux sont dorénavant de continuer à mieux appréhender ces différents visages de l’économie collaborative et de contribuer à son essor « responsable » en qualité de citoyen, de collaborateur d’une organisation, de chef d’entreprise…d’acteur politique…

 

 

5-Economie collaborative, TRI et REV3  : un cycle d’ateliers – réflexion.

Dans une étude publiée fin 2015 (11), PWC prévoit une croissance annuelle de 63% d’ici 2025 de l’économie collaborative. Toutefois, aussi intéressante qu’elle soit, cette étude avance que l’économie collaborative reste cantonnée à des secteurs spécifiques (transports, distribution de certains biens de consommation, hébergement et restauration, loisirs, médias et communication) tout en engendrant une destruction des systèmes de protection sociale (santé, famille, retraite…)  sans rien proposer à la place. Cette étude n’aborde pas les différents visages de l’économie collaborative tels que nous les avons évoqués.
legaltech

En effet, elle semble faire l’impasse sur des secteurs d’activité significatifs impactés de façon notoire. Par exemple, dans un ouvrage publié en 2014 (12), Thierry WICKERS constate que les métiers du droit ne sont pas épargnés par les mutations engendrées par cette économie collaborative. A titre d’illustration, la Californie a vu passer, dans le domaine du droit de la famille, le pourcentage de justiciables assistés par un avocat de 90 % dans les années 80 à 30 % dans les années 2010. Sur la même période, le nombre d’avocats était multiplié par deux.  En France, le mouvement de la Legal-tech et des avocats en ligne démarrent péniblement alors qu’un rapport de l’IGF de 2014 révélait un problème massif d’accès au droit au sein de la société interpellant quant à la pertinence du business model de la profession (50 % des français ne sont jamais rentrés dans un cabinet d’avocats !  La France serait-elle à ce point un pays rayonnant par sa quiétude et son climat paisible ?).

 

 

Force est de constater que la consultation de la littérature existante sur le sujet de l’économie collaborative, quand elle ne se fourvoie pas dans des approximations frisant l’imposture (sic Luc FERRY), ne nous éclaire pas sur des questions fondamentales :

-qu’est-ce que l’économie collaborative ?

-quel est le poids réel de cette économie collaborative dans le développement des territoires, des régions, d’un pays… ? Est-on sur des dynamiques « loco-locales » ou pilotées à l’international ?

-est-ce réellement un modèle économique nouveau ou n’est-on que face à un modèle qui a toujours existé et qui se développe à la faveur de nouveaux outils puissants de collaboration (les plates-formes…) et en réaction à des business modèles qui ne répondent plus aux attentes ?

-la seule existence d’un outil ou d’une méthode collaborative au sein d’une organisation suffit-elle pour établir le constat d’une économie collaborative ?

-quels sont ses différents visages, les modèles, les systèmes de valeurs sous-jacents aux différentes approches de l’économie collaborative ? (qu’y a-t-il de commun entre Uber et « la ruche qui dit oui » ?)

-comment cette économie collaborative peut-elle coexister, supplanter d’autres modèles économiques ?

-quels sont les outils à l’origine de l’économie collaborative : Big DATA, les plateformes collaboratives, les « monnaies locales », les tiers lieux… ?

-toutes les professions, tous les métiers, tous les secteurs d’activité sont-ils concernés par l’économie collaborative ? Et si oui, sous quelle forme ? Tout est-il « ubérisable » ?

-quels sont les impacts sociétaux, fiscaux… du déploiement de cette économie collaborative ? Doit-on accepter sans faire preuve d’intelligence « historique » que des pans complets d’activités disparaissent de façon violente d’un point de vue sociétal ? Notre modèle sociétal est-il à ce point immature qu’il est incapable de tirer les leçons de son histoire et d’avoir une démarche prospective et préventive digne de ce nom…? A quoi servent nos élites formées dans nos plus belles Grandes Ecoles et Universités si c’est pour subir et faire preuve d’incapacité ? Est-ce à chacun de prendre la responsabilité individuelle ou collective de s’adapter voire de survivre ?

-quels sont les risques, limites… associés à l’économie collaborative (juridique, social, fiscal…) Quels sont les nécessaires mécanismes de régulation à inventer pour certains pans de cette économie collaborative qui se développent sur base d’une dérégulation sauvage d’un point de vue social et fiscal notamment ?

 

 

C’est à la découverte de ces différents visages de l’économie collaborative, des mécanismes et enjeux, de son éventuel impact sur les organisations que vous propose de participer le club d’affaires de Lille Place Tertiaire. Cette découverte prendra la forme d’un cycle d’ateliers – réflexions à venir dans le cadre de la Troisième Révolution Industrielle et de REV3.

« Pour revenir à ce que ces initiatives [dans le domaine de l’économie collaborative] ont de spécifique, y compris dans leur dimension historique de solidarité, c’est au consommateur, à l’internaute de distinguer celles qui incarnent véritablement l’idéal d’un nouveau modèle de société. » 

Extrait du rapport TERRASSE sur l’économie collaborative (14)

 

 

 

 

Article rédigé par Marc BOURDEAUD’HUI

Président fondateur de SENSAE Consulting

 

Références :

1-La Troisième Révolution Industrielle, Jérémy Rifkin (2011, éditions les liens qui libèrent)

2-La nouvelle société du coût marginal zéro, Jérémy Rifkin (2014, éditions les liens qui libèrent)

3-le master plan de la TRI en Région des Hauts de France (http://rev3.fr/?s=master+plan)

4-la Troisième Révolution Industrielle n’aura pas lieu. Libération, 24 octobre 2014.

5-la Révolution Transhumaniste, Luc Ferry (2016, éditions Plon)

6-Comment nombre de chauffeurs Uber décident de leur temps de travail en ne comprenant rien aux moyens d’optimiser leurs revenus. Jean-Charles Simon. ATLANTICO, 9/09/16

7-La transition fulgurante, Pierre Giorgini (2014, éditions Bayard)

8-Le capitalisme est-il moral ? André COMTE SPONSVILLE (2009, Albin Michel)

9-Fiscalité du numérique. France Stratégie (mars 2015)

10-La Troisième Révolution Industrielle, REV3, l’économie collaborative : enjeux, nature, questions. Marc BOURDEAUD’HUI (article publié sur le site « SENSAE Consulting » : http://sensae-consulting.com/troisieme-revolution-industrielle-rev3-economie-collaborative/)

11-The sharing economy. PWC (2015). Consumer Intelligence Series.

12-La grande transformation des avocats. Thierry WICKERS (Dalloz, 2014)

13-Airbnb is now worth $30 billion. Matt ROSOFF (Business Insider UK, 6/08/16) (http://uk.businessinsider.com/airbnb-raises-850-million-at-30-billion-valuation-2016-8?r=US&IR=T)

14- Rapport au Premier Ministre sur l’économie Collaborative, Pascal Terrasse (Févier 2016)

Coaching et engagement social : innovation RSE

Revolutio_logo_160420

logosensae


SENSAE Consulting partenaire de REVOLUTIO©

 

 

 

Qu’est-ce que Revolutio© ?

Revolutio_profil_160420

Revolutio est une démarche originale d’accompagnement de toute personne ayant subi un accident de vie (burn-out, longue maladie, décès d’un proche…). Son caractère innovant repose sur le facteur clé de succès suivant : la réussite du retour en milieu professionnel suite à un accident de vie implique non pas le seul travail avec l’individu mais aussi l’implication d’autres parties prenantes  (les collègues, les managers voire l’organisation dans son ensemble…).

Juste dimensionné, l’accompagnement s’appuie sur l’intervention d’une équipe pluridisciplinaire d’experts (coach, juristes, spécialistes en organisation…) partageant les mêmes valeurs et conceptions de cette approche holistique.

 

Pourquoi Revolutio© : la genèse du projet.

A l’origine du projet, Catherine AMBROSI (http://www.catherineambrosi.com) et Fabien COMPERE (http://www.meridian-coaching.fr ) ont su fédérer un groupe d’experts sur la base d’expériences personnelles, de rencontres et d’un constat : encore trop peu de choses sont faites aujourd’hui pour accompagner ceux qui, après une période difficile, souhaitent reprendre une activité professionnelle.

Revolutio_aide_160420Nous avons créé le projet Revolutio car nous croyons qu’il est plus « Durable » d’accompagner l’individu ayant subi un accident de vie plutôt que de l’évincer.  Quelle qu’en soit la forme (séparation, mutation…), le rejet est trop souvent motivé par l’intérêt court –terme du groupe (service, centre de profit, entreprise…).

Or, nous croyons en cette écologie humaine et sociétale qui implique de prendre soin et d’accompagner l’individu plutôt que de le remplacer pour des causes parfois fallacieuses (perte d’efficience, absence prolongée, difficultés de réintégration…).

A travers nos expériences professionnelles et personnelles, nous avons constaté la difficulté de la majorité des collaborateurs à revenir dans leurs fonctions et leur équipe après un accident de vie. Cette difficulté aboutit trop souvent à un échec et conduit, dans l’incompréhension mutuelle, à une séparation entre la personne concernée et son équipe, voire son entreprise. Mal ou non gérée, cette séparation a des effets négatifs déplorables dans la plupart des cas, tant pour le collaborateur que pour ceux qui restent dans l’organisation.

Malgré le trouble profond que traversera une personne qui s’est découverte mortelle (maladie grave…) ou faillible (disparition d’un proche, Burn-out… ), nous croyons qu’il est possible et préférable pour tous d’agir pour réussir ce retour. Nous y contribuons grâce à la démarche Revolutio.

Revolutio est ainsi :

  • Un projet humain parce qu’une organisation Responsable d’un point de vue social n’existe et n’est pérenne qu’à travers l’engagement éclairé et responsable de ses collaborateurs
  • Un projet sociétal parce qu’aujourd’hui les organisations qui se veulent responsables doivent aussi évaluer l’impact de leurs décisions et actions sur les enjeux de Société (respect, contribution à l’évolution des dispositions normatives et réglementaires pour un mieux vivre des collaborateurs…)
  • Un projet économique responsable parce que l’absence et le retour d’un collaborateur doivent être pilotés et optimisés en parfaite symbiose d’un point de vue humain et économique.
  • Une démarche innovante qui va contribuer à valoriser votre projet d’entreprise d’un point de vue social et sociétal ainsi qu’enrichir sa dimension fédératrice tant pour les parties prenantes internes qu’externes.

Révolutio est une démarche en perpétuel devenir s’adaptant aux spécificités et évolutions notamment managériales, sociales et sociétales avec lesquelles vous devez composer. Elle n’a de sens que si vous acceptez aussi d’en être les co-acteurs.

 

Revolutio©: les champs d’intervention

Sans être exhaustive, la cartographie ci-dessous identifie les principaux champs d’intervention des experts de Revolutio.

Revolutio_carto_160420

Revolutio© et SENSAE Consulting : démarche innovante valorisant l’engagement RSE

D’une démarche classiquement focalisée sur la relation inter-personnelle (coach et coaché), REVOLUTIO a donc engagé une nouvelle dynamique en étendant le processus de réintégration de l’individu ayant subi un accident de vie à d’autres parties prenantes (collègues, service voire l’organisation dans sa globalité…) contribuant ainsi à en garantir un succès pérenne.

Cette dynamique innovante peut s’accompagner d’une réflexion méthodologique quant à l’impact et la contribution de REVOLUTIO au projet d’entreprise voire au code génétique de l’organisation (Mission, Valeurs, Vision…). Si le prisme RH est bien souvent la clé d’entrée d’une démarche Revolutio, celle-ci doit donc s’intégrer aux autres projets en cours, contribuant ainsi à les enrichir voire les valoriser.

En appui des experts Revolutio, SENSAE Consulting est à même :
Revolutio_boussole_160420-de faire de la démarche Revolutio une composante innovante des dimensions sociale et sociétale d’un engagement RSE. Outre les enjeux classiques (sociaux/sociétaux, économiques, environnementaux…), une vigilance particulière est accordée aux principes RSE qui seront impactés (vigilance, transparence et redevabilité, éthique, dynamique avec les parties prenantes…)

-d’intégrer la démarche Revolutio dans le cadre d’une réflexion stratégique (projet d’entreprise, de service, enrichissement de la Mission, du système de Valeurs, de la Vision…)

-d’évaluer et d’accompagner les éventuels impacts de la démarche Revolutio sur les pratiques managériales, le processus et les pratiques RH voire le système de management dans sa globalité.

Pour une approche efficiente, pérenne avec un réel retour sur investissement, la démarche est structurée en mode projet. Elle est intégrée aux éléments éventuellement préexistants dans l’organisation.

 

Revolutio© et SENSAE Consulting : un engagement personnel et professionnel.

Revolutio_arc_160420Les sollicitations d’un monde médico-social parfois non – préparé, la confrontation avec un univers professionnel souvent déstabilisé, une littérature pléthorique nous ont conduit sur le chemin de près de vingt années de résilience. Si, sur le plan strictement personnel, le processus a été fructueux, il n’a que peu contribué à monter en maturité les parties prenantes qui restent toujours trop démunies face à un individu « en accident de vie ». De plus, les limites  du corpus législatif, l’éclatement des repères familiaux refuges, la dépréciation fréquente des systèmes de valeurs dans les différentes sphères professionnelles, sociales, personnelles fragilisent l’individu et sa capacité à gérer la phase post traumatique d’un accident de vie.
Il était temps qu’une démarche innovante comme REVOLUTIO embrasse la problématique dans toute sa riche complexité et jette les bases d’une approche méthodique, réfléchie dont l’un des princeps est la mise en responsabilité des différentes parties prenantes. En cela, REVOLUTIO  nous a convaincu d’apporter enfin une réponse crédible en phase avec les enjeux et principes d’une démarche RSE que se devrait d’adopter toute organisation Responsable de l’impact de ses décisions et actions notamment dans les domaines sociaux et sociétaux.

Marc BOURDEAUD’HUI

Président de SENSAE Consulting

Pour en savoir plus : www.revolutio.fr

Contact : marc.bourdeaudhui@sensae-consulting.com