Troisième révolution industrielle, transhumanisme et économie collaborative selon Luc FERRY .

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Luc FERRY présent à Lille le 21 septembre.

 

Luc_Ferry_RTHDans son ouvrage « la Révolution Transhumaniste. Comment la technomédecine et l’ubérisation du monde vont bouleverser nos vies » (2016, éditions Plon), Luc Ferry nous offre un regard humaniste sur la Troisième Révolution Industrielle. Il nous met en garde contre cette dérive d’une instrumentalisation à outrance de l’Humain : l’Humain est une fin et non un moyen.

Identifiant certaines limites du modèle proposé par J. RIFKIN, concernant notamment l’hypothèse d’une éclipse du capitalisme par l’économie collaborative à l’horizon 2050, il démontre au contraire comment tout un pan de l’économie collaborative, « l’ubérisation », se développe sur base d’une «dérégulation sauvage » (sic) et se nourrit au sein d’un capitalisme primaire et débridé (http://sensae-consulting.com/troisieme-revolution-industrielle-rev3-economie-collaborative/).

Enrichie de la composante transhumaniste qui a déjà commencé à bouleverser nos vies et qui procède des mêmes mécanismes fondamentaux que l’Ubérisation, l’approche de Luc FERRY nous emmène dans les méandres du Big DATA, des Internets (communication, énergie, logistique, objets connectés…) fiefs des GAFA et autres acteurs de l’économie numérique.

Ni rejet, ni condamnation univoque, Luc FERRY nous encourage au contraire à prendre conscience (pour éviter une dérive scientifique, « ruine de notre âme ») de cette Troisième Révolution inéluctable et de ses attraits pour notre Devenir. Face à un phénomène hypertechnique, international et qui sidère par sa rapidité,  le Politique en charge de la « Res Publica » mais aussi la Société Civile comme les acteurs de cette nouvelle économie ont une responsabilité extrême dans la mise au point des nouveaux modes de régulation à inventer afin de faire évoluer notre modèle sociétal.

 

 

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Si le sujet vous intéresse, Luc Ferry sera l’un des invités de l’événement annuel du Club d’affaires de Lille Place Tertiaire, le 21 septembre 18h00 Salle Descamps, CCI Grand Lille -Place du Théâtre à Lille.
Programme et inscription : http://www.lilleplacetertiaire.com/club_d_affaires/

 

Marc BOURDEAUD’HUI

Président de SENSAE Consulting.

Membre du bureau du Club d’affaires de Lille Place Tertiaire.

2 Comments

  1. Indépendamment de ce que je viens de découvrir sur ce site, j’ai lu cet été le livre de Luc Ferry que j’ai trouvé dans un magasin « Nature & Découvertes » dont le slogan est, ça ne s’invente pas,  » Pour vivre heureux, vivons curieux ».
    Face au projet ambitieux de la « troisième révolution industrielle », il vaut mieux être curieux et ne pas accepter d’emblée ce qui pourrait n’être qu’une idéologie. Le sujet est largement transverse au fonctionnement de notre société (urbanisme, impact social), il est donc complexe.
    Ce livre de L. Ferry fourmille de références et d’idées. Ce qu’il explique, nous l’avons tous déjà perçu plus ou moins confusément.
    Luc Ferry s’y comporte certes (mon humble opinion) plus en professeur de faculté qu’en philosophe et en responsable politique mais, par la même occasion, le livre est pédagogique.
    Quand j’ai découvert les idées de M. Rifkin il y a trois ans, j’ai immédiatement senti un habillage commercial du projet. Un Américain qui se lance dans un projet de grande ampleur ne le fait pas s’il ne s’agit pas d’abord de business.
    J’avais l’impression d’entendre un mélange entre la doctrine totalitaire, dans de nombreux aspects de sa mise en oeuvre, du contrôle de gestion / pilotage de la performance, et le discours « rouleau compresseur » qui permet de vendre du time share. La rigueur et la logique de la démonstration sont aussi convaincantes que la mise en oeuvre du projet doit faire rencontrer des difficultés « inattendues ». La promesse d’un monde meilleur engage d’abord ceux qui y croient.
    Sur le plan de la réflexion technique, il y a malgré tout de bonnes choses car la technologie est en marche quoi qu’on fasse. Il manque la réflexion qui va avec sur la transformation de la société qui doit l’accompagner. C’est ce qu’on attend de la politique. Il serait dommageable que cette réflexion arrive après. Trop tard.
    Le problème de la politique est de ne plus conceptualiser le fonctionnement du monde. Les idéologies ont échoué, il lui faut une solution clé en main car nos responsables politiques sont dépassés par tous les enjeux autour du numérique, de la connectivité, de la robotisation… S’ils tombent sur une personne qui leur livre une synthèse du tout convaincante, avec des perspectives à long terme, ils risquent de se précipiter sans prendre la peine de chercher des arguments opposés. On entre alors dans la mécanique du biais de confirmation. Face à un tel enjeu, il faut des avis contraires. Luc Ferry en propose un mais il n’est pas un scientifique. Il est ce que nous devrions tous être : curieux. Face à une révolution pilotable et non subie, il faut être un peu zététicien pour que le chamboulement promis produise principalement des effets positifs pour notre société.
    M. Rifkin me semble faire le jeu des grands groupes qui donnent dans la démarche transhumaniste (Google par exemple) qui, pour moi, cache une démarche simplement ultralibérale si chère aux Américains et portée en son temps par leur grande papesse de l’utralibéralisme, Hannah Arendt, célèbre chez eux et inconnue chez nous. Cette démarche n’est pas compatible avec les valeurs humanistes (dimension sociale des projets en France) de notre pays. Nous ne pouvons pas renoncer à cette spécificité en nous livrant corps et âme à ce processus de transformation de la société essentiellement technique.
    Les Américains mettent aussi simplement en pratique la doctrine qu’ils appliquent dans l’armée : le maintien de la supériorité militaire américaine sur le reste du monde passe par la supériorité et l’avance technologiques.
    Le coeur du propos de M. Rifkin reposant principalement sur des considérations technologiques, on retrouve cette démarche. Il peut être vu comme un VRP de la puissance américaine mais aussi comme un cheval de Troie. Il pourrait aussi bien nous dire : « Je vous amène mon concept mais pour que cela fonctionne, il faudra passer par des produits que nous maîtrisons ». Ça se passe dans l’OTAN qui est noyautée par la doctrine américaine sous couvert de développement de la technologie, d’interopérabilité dans tous les domaines.
    En dépit de l’affichage, je ne vois aucun humanisme dans cette démarche. C’est l’habillage destiné à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, nous Français qui sommes englués dans notre approche sociale des affaires.
    On est loin de la démarche RSE me semble t il.
    La force de monsieur Rifkin vient également de ce que nos responsables politiques n’ont rien d’équivalent à proposer. Cette démarche est une aubaine pour des politiques en panne d’idée face à une crise. M. Rifkin fournit de plus tous les mots clés adaptés à une communication politique dans l’air du temps. Chacun d’entre nous y retrouve un petit mais la somme des petits ne fait pas notre société.
    Il est possible que je me trompe mais même face à la théorie scientifique révolutionnaire la plus solide, il est essentiel pour le progrès du monde qu’il y ait au moins un contradicteur. Un contradicteur de poids, chose que je n’aurais jamais la prétention d’être chacun l’aura compris dès les premières lignes. En revanche, il me semble que M. Luc Ferry fasse partie de ceux-là qui peuvent permettre l’installation d’un débat constructif pour l’avenir de notre pays. Il aurait besoin que des gens de son calibre mais opérant dans des disciplines différentes se joignent à lui pour réfléchir à une troisième révolution industrielle française.

    • Cher « citoyen plein de bon sens », cher Francis, réponse en « live » : un très grand merci pour ton commentaire. Je reviens vers toi au plus vite mais partage d’ores et déjà ta réflexion au sein de la commission REV3 du club d’affaires de Lille Place Tertiaire. De telles contributions, dont la pertinence et l’impertinence juste « politiquement incorrecte » nous manquent cruellement en région, ne peuvent qu’enrichir notre démarche. Bien à toi

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